Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée de la Communauté marocaine résidant à l’étranger, évoque pour L’Économiste les différents chantiers lancés pour permettre aux ressortissants marocains de contribuer pleinement à la vie citoyenne et politique du pays.

L’Économiste : Comme il est devenu coutume, le Maroc a célébré le 10 août la Journée nationale de la communauté marocaine établie à l’étranger. Qu’est-ce qui en fait la particularité cette année ?

Nouzha Chekrouni : Cette journée a été célébrée auparavant sous l’appellation « Journée nationale du migrant ». Elle s’appelle désormais Journée nationale de la communauté marocaine à l’étranger sur instructions de SM le Roi, Mohammed VI. C’est une manière de valoriser la communauté marocaine, qui est restée à travers les générations attachée à la mère patrie, en tant que potentiel marocain et en tant qu’acteur de développement.

Nous nous sommes tracés depuis quelques années un objectif. C’est celui d’appuyer le développement local et régional et surtout de l’institutionnaliser. Aujourd’hui, je pense que ce partenariat avec l’ensemble des acteurs de la communauté marocaine à l’étranger devient bien visible et on commence à récolter les fruits des années de plaidoyer et de dialogue avec la communauté marocaine, grâce à la volonté de SM le Roi et à notre volonté commune. Aujourd’hui, 80 à 90% des investissements des MRE s’opèrent dans leurs régions d’origine surtout que, sur le plan économique, de nombreuses mesures ont été prises pour leur faciliter les choses. 

Dans cette perspective, le 7 juillet, le département en charge des MRE a signé un protocole d’accord avec les différents partenaires à savoir le PNUD, la CGEM, l’Anapec et le ministère de l’Intérieur, entrant dans le cadre de l’INDH. Cet accord concerne le lancement du Forum international des compétences marocaines à l’étranger qui a pour objectif d’encourager les compétences marocaines à l’étranger à investir dans leur pays notamment dans des secteurs créateurs de richesses et dynamiser ainsi l’économie nationale.. 
Le Roi Mohammed VI a annoncé en novembre 2005 quatre décisions importantes en adéquation avec le nouveau rôle assigné aux MRE : 
  • la représentation des MRE au sein du Parlement, 
  • la mise en place de circonscriptions électorales à l’étranger, 
  • l’attribution aux MRE du droit de vote et d’éligibilité et la création du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger.
Peut-on savoir où en sont ces différents chantiers ?

La création du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger (CSCME) a été bien accueillie par nos ressortissants. C’est un conseil consultatif auprès de SM le Roi qui jouera un rôle très important dans la mesure où il y aurait une large représentativité de nos citoyens résidents à l’étranger. 

Notre volonté est de faire de cette citoyenneté une réalité de tous les jours et toujours plaider pour que la citoyenneté passe par l’expression et la contribution politiques. C’est une feuille de route qui a été tracée par SM le Roi Mohammed VI et un chantier sur lequel nous travaillons aujourd’hui de façon laborieuse. 

Notre objectif est de présenter à SM le Roi un projet global qui puisse réunir à la fois, comme cela a été dit dans son discours, réalisme, transparence et compétence. Un projet surtout adapté aux attentes et à la réalité. Notre objectif aussi est de dépasser les lacunes de l’expérience précédente. Nous pensons que c’est très judicieux de démarrer par un Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger qui jouera un rôle déterminant dans la vie démocratique du pays. 
Ce conseil sera également une interface entre l’État marocain et la communauté marocaine résidente à l’étranger, avec l’exécutif comme interlocuteur direct. Ce sera une force de proposition et un espace à travers lequel les ressortissants marocains pourront s’exprimer et contribuer dans le cadre d’une approche participative dans les différents projets relatifs aux aspects de la vie citoyenne et participer de manière effective à la vie politique.


Ils ont aujourd’hui la possibilité d’accès aux mêmes opportunités, d’avoir les mêmes droits, dont le droit de vote, et d’assumer les mêmes devoirs.. 

Et qu’en est-il aujourd’hui de ce droit de vote, sachant que de nombreux ressortissants marocains à l’étranger souhaitent vivement la mise en place de circonscriptions électorales à l’étranger ?

Je pense que c’est un point essentiel. Participer à la vie politique, dont le droit de vote fait partie, est aujourd’hui possible pour les ressortissants marocains à l’étranger. Ce droit constitutionnel n’est pas seulement garanti, mais le gouvernement a mis en place dans le cadre de la loi électorale des mesures pour faciliter aux Marocains résidents à l’étranger même ceux de la deuxième et de la troisième générations la participation aux élections et à la vie politique du pays. 
I
ls peuvent même se porter candidats. Cela dit, il n’y a pas de recul de notre côté par rapport à la logistique. Un dialogue et des négociations s’imposent Tout simplement, c’est une logistique qui est très lourde et tous les pays d’accueil de nos ressortissants ne réagissent pas de la même manière face à cette question. Un dialogue et des négociations s’imposent dans ce cadre ainsi que des moyens matériels et humains à mettre en place pour élaborer les listes électorales, faire la campagne de communication auprès des Marocains pour qu’ils viennent s’inscrire et pour avoir un taux de participation convenable. 

On ne joue pas avec la démocratie. Elle a aussi des conditions et nous veillons à les respecter..
Concernant l’opération transit 2006, est-ce que le nombre de MRE qui sont rentrés au pays cet été évolue de manière satisfaisante ?

Je pense que l’opération transit 2006 s’est bien passée. Il faut juste noter qu’il y a eu des efforts louables et un engagement très fort de la part de l’ensemble des acteurs, y compris le gouvernement et la Fondation Mohammed V, qui supervise cette opération. Il ne faut pas oublier non plus de louer aussi l’action et l’engagement de la partie espagnole pour la réussite de l’opération transit. Le nombre de nos ressortissants à l’étranger qui rentrent évolue de manière très satisfaisante. Nous avons enregistré une augmentation, contrairement à ce qui se dit, de plus de 4% en termes de visiteurs et plus de 7% en termes de voitures et même de 11% en termes de véhicules qui ont transité par les différents ports et aéroports du Maroc et nous travaillons pour accueillir de la meilleure façon que ce soit nos compatriotes.«Participer à la vie politique, dont le droit de vote, fait partie, est aujourd’hui possible pour les ressortissants marocains à l’étranger

Propos recueillis par Rachida BAMI 
Août 2006







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