Jusqu’à maintenant, la gestion de l’action socioculturelle du gouvernement marocain au profit des MRE est officiellement confiée à un département ministériel et à une autre institution publique. Le Ministère chargé des MRE et la Fondation Hassan II pour les MRE, dotés de fonds considérables, se livrent à une concurrence de fait avec le même argent public pour la réalisation des mêmes objectifs.

Cet éparpillement des prérogatives constitue, à lui seul, un sérieux handicap pour espérer optimiser l’action gouvernementale dans ce domaine. Pour essayer de voir plus clair l’organisation actuel de cette action, on se doit de procéder d’une manière prospective qui permettrait éventuellement aux responsables politiques de prendre les décisions qui s’imposent.

La présence d’un représentant du ministère des MRE au sein des postes consulaires est primordiale pour le traitement des doléances des MRE. N’étant pas un département ministériel, la Fondation Hassan II pour les MRE ne pourrait prétendre à cette représentation. Au niveau des services sociaux consulaires, qui ne sont nullement habilité à assurer le suivi ou à faire les démarches nécessaires pour satisfaire et répondre aux différents types de doléances, le traitement de ces dernières s’effectue exclusivement par correspondance. Pour connaitre l’évolution d’un dossier ou le sort d’une requête, les MRE se sentent souvent perdus entre la Fondation, le Ministère et son annexe.

Les fonds prévus pour subvenir financièrement ou en nature aux différents besoins culturels et cultuels de cette communauté établie à l’étranger devraient être réunis sur un seul compte et la responsabilité de sa gestion confiée à une institution publique soumise au contrôle fiscal de l’Etat. On doit saluer, au passage, la décision de construire des centres culturels marocains dans les métropoles européennes et dont la réalisation a été exclusivement confiée au Ministère des MRE. De même que pour le dossier de l’enseignement de la langue arabe et la culture marocaine qui devrait aussi lui être confié vue la gestion, pour le moins aléatoire, assurée jusqu’à maintenant par la Fondation. Les autorités marocaines devraient prendre très au sérieux la situation administrative et financière des enseignants, piliers et principaux acteurs de l’action gouvernementale dans son volet culturel. La carrière professionnelle de ces fonctionnaires d’Etat et employés de l’administration marocaine à l’étranger est traitée par procuration et au rabais en plus.

A l’occasion du mois sacré du Ramadan et pour satisfaire les demandes des responsables de lieux du culte et des organisations religieuses marocaines en prédicateurs et imams confirmés, on constate l’ampleur de la désorganisation de l’action gouvernementale dans son volet cultuel. Pour répondre à ces demandes, il y a le Ministère des Habous, le Ministère des MRE et la Fondation. En plus de la concurrence acharnée que mène sur le terrain chacune de ces trois institutions pour être ici plutôt que là, les responsables marocains locaux ne savent plus où donner de la tête. Pour ces derniers qui effectuent les démarches pour l’obtention des visas auprès des autorités compétentes dans les pays d’accueil, la tâche est encore plus ardue pour justifier les raisons derrière des accréditations émanant de trois institutions différentes pour un seul et unique motif de séjour.

Quant aux séjours culturels et colonies de vacances, ils sont aussi organisés et par le Ministère et par la Fondation et chacun selon ses propres critères. Ces manifestations à la fois estivales et socioculturelles, fonctionnant uniquement par fonds publics et ciblant les mêmes catégories, devraient, à fortiori, être organisées par un seul organisme ou institution publique.

Les adaptations suggérées par l’exposition de la situation présente constituent autant de raisons pour que le gouvernement marocain saisisse l’occasion pour entreprendre la réorganisation, tant souhaitée, de son action au profit des MRE. Cette réorganisation proposée ne nécessiterait probablement aucun budget supplémentaire. Par contre, elle aura pour effet immédiat de mieux subvenir aux besoins des MRE, de diminuer considérablement les délais de réalisation avec, à la clé, une rationalisation des dépenses publiques éparpillées actuellement dans la confusion de prérogatives - source de concurrence inutile entre des intervenants institutionnels.










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