La déferlante raciste et antisémite, qui submerge la société française, s’étend et se prolonge parce qu’elle ne rencontre guère de résistance. Le racisme, sans complexes, déborde les digues juridiques, se joue du politiquement correct et des garde-fous constitutionnels et contamine la société entière de ses vociférations abjectes.

Rarement le racisme affiché, proclamé, revendiqué, avait atteint une telle virulence, une telle outrecuidance, une telle violence. Jamais l’intolérance n’avait trouvé autant de plumes complaisantes pour attiser sa braise. Jamais la parole assassine n’avait rencontré autant d’indulgence complice pour entretenir sa fournaise. La liberté de la presse, droit imprescriptible, ne justifie rien. La liberté devient liberticide quand elle foule aux pieds la dignité humaine.

Le racisme redouble d’audace à chaque dérapage, occupe tous les créneaux, s’attaque désormais aux personnalités de la diversité. La Garde des sceaux Christiane Taubira, la sénatrice Samia Ghali, le conseiller du président de la République Faouzi Lamdaoui, sont traînés dans la boue, jetés en pâture aux xénophobes. Nulle autorité morale, nulle conscience intellectuelle, nulle voix républicaine ne s’est levée, pendant des semaines, pour crier à l’intolérable.

Cette offensive raciste ne doit rien au hasard. Elle est savamment orchestrée par ces mêmes idéologues de l’ombre, nostalgiques du maurrassisme et des temps bénis des colonies, qui ne voient, dans les citoyens français issus de l’immigration, que des indigènes de l’intérieur.

Les rumeurs les plus inconcevables, les médisances les plus ordurières, les allégations les plus meurtrières, trouvent preneurs dans les médias et les réseaux sociaux. Les suspicions projectives organisent le jeu de massacre. Les jugements politiques se décrètent dans les cafés de commerce. Un climat social délétère s’est progressivement installé parce que la parole politique s’avère incapable de trouver les mots justes pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme, parce que ses relais sur le terrain, notamment les élus, sont tenus à l’écart.

En mai 2012, Les banlieues et les quartiers populaires ont voté massivement pour le changement. Leurs espérances ont duré le temps d’une élection. Leur élan civique s’est noyé dans les engagements non tenus. L’égalité dans la diversité, scandée avec tant d’enthousiasme dans les meetings, s’est vite révélée une coquille vide. Qu’en est-il des promesses de lutte implacable contre toutes les formes d’injustice et de discrimination ?

Les discriminations ne cessent de s’aggraver, de se généraliser, de se banaliser au point de devenir des critères de sélection à l’embauche, à l’accès au logement, à la promotion sociale. Jamais les fractures sociales n’avaient atteint un tel abîme. La diversité culturelle et la mixité sociale, partout présentes dans la vie quotidienne, sont plus que jamais absentes dans les sphères dirigeantes, monopolisées par les mêmes élites enfermés dans leurs tours d’ivoire.

Les compétences et les talents, issus des cités, se brisent et se pulvérisent sans cesse contre le même plafond de verre. Le gouvernement dit de gauche, loin de remédier au déficit démocratique, a multiplié les discriminations à l’encontre des hauts fonctionnaires de la diversité.

Les exemples abondent. Nacer Meddah, secrétaire général de la campagne présidentielle du candidat socialiste, est nommé préfet de la région Lorraine au lendemain de la victoire et sèchement écarté de l’Elysée. Fatiha Benatsou, préfet déléguée à l’égalité des chances dans le Val d’Oise, est froidement débarquée et mise au placard. Hayet Zeggar, ancienne directrice générale de France 4, conseillère du président de la République à la solidarité et au logement, découragée par les brimades incessantes, a quitté l’Elysée au bout d’un an et regagné l’Inspection générale des affaitres sociales, son corps d’origine.

Alain Azouaou, fin connaisseur de la culture arabe et de la géopolitique du Golf, démis, sans raison, de son poste d’ambassadeur aux Emirats Arabes Unis, a fini par démissionner. Zaïr Kedadouche, ambassadeur de France à Andorre, a dénoncé, dans une lettre rendue publique le 18 juin 2013, les inégalités de traitement et les vexations subies au ministère des affaires étrangères : « J’ai le sentiment que le Quai d’Orsay, dans sa partie la plus influente, trouve sa route dans un isoloir, cherchant à éliminer toute trace génétique risquant de compromettre la reproduction sociale de ses élites. » Le parti socialiste aura cyniquement instrumentalisé ses cadres et ses militants issus de la diversité, exploité sans vergogne leurs compétences et leur dévouement avant de les jeter aux oubliettes une fois arrivé au pouvoir.

Seule une politique volontaire d’équitable représentation de la société civile dans les hautes fonctions publiques peut contrer efficacement les forces rétrogrades qui sèment la haine et la discorde. Seul un ministère de l’égalité citoyenne, qui regroupe les institutions dispersées, qui reconnecte l’action publique avec les réalités du terrain, qui s’attaque résolument aux racines socio-économiques des discriminations, peut constituer une solution positive pour le vivre ensemble, un ministère qui applique scrupuleusement le premier article de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.» peut répondre aux exigences démocratiques des temps présents. 

WakeUpinfo




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