Le document ci-après, reproduit dans le cadre de la rubrique « Dakira », l'entretien accordé par Abdelkrim Belguendouz, Professeur universitaire et chercheur spécialisé en migration, au mensuel « Le Maroxelloix », paraissant à Bruxelles. Mené au lendemain du discours royal du 20 aout 2012, dont l'intégralité du texte a été publiée dans notre édition d’hier, l'entretien a abordé une série de points d'actualité concernant le dossier des Marocains résidant à l’étranger. (WakeUp Info)

Le grand débat
Le devenir des Marocains du Monde
Interview d'Abdelkrim Belguendouz

Le Maroxellois : Le 20 août 2012, le Roi Mohammed VI a insisté sur la nécessité d'associer les Marocains du Monde, à la gestion d'instances et d'institutions publiques et paras publics. En revanche, le Souverain n'a pas évoqué l'engagement, maintes fois réitéré, notamment dans le texte de la nouvelle constitution, de permettre la participation politique des MRE. A quoi attribuez-vous la non affirmation de cet engagement dans le nouveau discours ?

Abdelkrim Belguendouz :
Concentrons-nous sur le message porté en direction de la jeunesse marocaine dans son ensemble, thème central de ce discours, et c'est l'essentiel.

Ce qui n'a pas été dit, c'est le reste du monde. Dans ce qui a été déclaré, les jeunes marocains à l'étranger n'ont nullement été passés sous silence. Bien au contraire, ils sont une « composante » inséparable de cette jeunesse marocaine et constituent nos « compatriotes ».

Qu'on est loin de ceux qui les traitent comme posant problème en soi dans les relations bilatérales, du fait de leur double nationalité ou de leur « double allégeance », en privilégiant de fait la nationalité du pays d'accueil sur celle du pays d'origine, considérant celle-ci comme subalterne, de seconde zone ou de rang inférieur par rapport à la première…

Ici, c'est la citoyenneté marocaine pleine et entière avec tous ses attributs, sans limitation aucune.

La reconnaissance du très fort attachement des jeunes marocains de l'étranger envers le Maroc, l'expression avec force et sans ambigüité de la volonté de les faire participer pleinement à la vie politique du Maroc et à la réalisation de son projet sociétal, avec notamment l'implication non seulement au plan économique et social, mais également au développement démocratique et à l'approfondissement de l’État de droit.

L'engagement solennel pris à l'égard de ces jeunes Marocains, vivant à l'étranger est en effet le suivant : 
« donner pleine effectivité aux dispositions de la Constitution qui leur assurent une participation aussi étendue que possible à la construction du Maroc de demain et une présence active dans les instances dirigeantes d'institutions nouvelles ».
Dans cet esprit, le discours royal du 20 août 2012 est une impulsion forte à la nécessaire opérationnalisation des dispositions avancées de la nouvelle constitution en matière de citoyens marocains à l'étranger, à savoir les articles 16, 17, 18, 30, et 163.

L'impératif est non seulement de sauvegarder leurs droits, voir les élargir, de protéger leur identité culturelle, mais de défendre également leur identité nationale, tout en étant ouvert sur les pays d'accueil.

Ces aspects qui renvoient notamment à l'exercice effectif de la démocratie représentative et de la démocratie participative (article 18 pour cette dernière), sont à prendre dans leur intégralité et complémentarité, y compris les droits politiques des citoyens marocains à l'étranger par rapport au

Maroc, tels que clairement définis par l'article 17 :
« Les Marocains résidant à l'étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d'être électeurs et éligibles. Ils peuvent se porter candidats aux élections au niveau des listes et des circonscriptions électorales locales, régionales et nationales. La loi fixe les critères spécifiques d'éligibilité et d'incompatibilité. Elle détermine de même les conditions et les modalités de l'exercice effectif du droit de vote et de candidature à partir des pays de résidence ».

En d'autres termes, le droit de vote et d 'éligibilité à la Chambre de Représentants, à partir des pays de séjour, est déjà solennellement reconnu et s'impose constitutionnellement à tous. Son exercice effectif est tributaire du code électoral, du découpage électoral et de la loi organique de la Chambre des Représentants.

Pour les législatives de 2017, il faudra attendre le débat en la matière concernant les mécanismes et les procédures concrètes.

Relevons qu'entre temps, le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a déclaré en substance le 10 août 2012, que la question allait être favorablement résolue pour 2017.

Ici l'intégralité de l'interview
https://drive.google.com/file/d/0Bx9uUoSFP4_uZVJRcjc4clctNFE/view















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