« L’administration électronique au service des Marocains du monde », tel est le thème choisi cette année pour la célébration de la Journée nationale de la communauté marocaine résidant à l’étranger (10 août). 

A l’évidence, les pouvoirs publics semblent convaincus plus que jamais que les nouvelles technologies de l’information “constituent” une opportunité qu’il faudrait mettre à profit pour gagner le pari de la consolidation des liens avec les MRE et pour développer des actions de proximité envers eux.


La rencontre organisée hier à Rabat par le ministère chargé de la Communauté marocaine résidant à l’étranger a été l’occasion de rappeler que la mise à contribution des TIC permettra de mieux répondre aux besoins des MRE en termes d’information, de suivi et d’assistance, notamment dans le domaine administratif.

La rencontre a permis en outre au gouvernement et aux différents opérateurs publics et privés de faire connaître les principaux produits e-services dédiés aux Marocains du monde. L’exemple du système d’information et de traitement des doléances et requêtes des Marocains du monde élaboré par le ministère chargé des MRE est très significatif à cet égard. Mais il n’est pas le seul. La plupart des administrations marocaines développent des produits susceptibles de les rapprocher davantage des Marocains établis à l’étranger. Mohamed Ameur, ministre délégué chargé de la Communauté marocaine résidant à l’étranger a insisté dans une allocution prononcée à l’ouverture de cette rencontre sur la nécessité de mieux connaître les attentes des Marocains du monde afin de pouvoir y apporter les réponses appropriées.

Il a annoncé à cet égard que son département préparait la création d’un Observatoire dédié aux MRE afin de suivre leur évolution et de produire les données nécessaires à la prise de décision. Dans la même optique, il a souligné que le ministère de tutelle entendait mener une étude relative aux secteurs qui intéressent les investisseurs parmi les MRE afin d’accompagner et de faciliter leur contribution au développement socioéconomique du Royaume.

Le choix de cette thématique : « L’administration électronique au service des Marocains du monde », procède donc de la nécessité « d’accompagner et de prendre en compte les attentes et les aspirations des Marocains du monde qui ont évolué considérablement ces dernières années ».

Il est de notoriété publique que la communauté marocaine résidant à l’étranger s’est développée énormément non seulement sur le plan quantitatif, mais aussi et surtout sur le plan qualitatif. Son effectif a presque doublé en l’espace de quinze ans, passant de 1.634.520 en 1992 à plus de 3.200.000 fin 2007. L’Europe abrite plus de 80% des Marocains à l’étranger, viennent après les pays arabes du Golfe avec 9%, puis l’Amérique du Nord avec 6%.

Dès les années 1990, de nouvelles destinations autres que les pays d’accueil traditionnels comme la France ou la Belgique, commençaient à attirer un nombre important de Marocains. Il s’agit notamment de l’Espagne qui abrite actuellement la deuxième plus importante communauté marocaine à l’étranger avec plus de 650.000 personnes et de l’Italie avec près de 400.000 MRE.

L’augmentation des effectifs des Marocains du monde a été accompagnée par des mutations démographiques, socioprofessionnelles et culturelles. Ainsi, les femmes constituent désormais 50% de nos concitoyens établis à l’étranger, les ouvriers ne représentent plus la seule composante de cette population. Celle-ci est désormais présente dans différents secteurs à savoir le commerce et l’industrie, l’éducation et l’enseignement supérieur, la culture et les sports. Parmi les nouvelles générations, certains membres occupent de hauts postes de responsabilité dans leurs pays d’accueil au niveau national, régional et local.

Le profil d’un MRE a changé. Par la force des choses, ses attentes et ses exigences aussi. Le développement d’un contact permanent via les TIC s’imposait logiquement. Mais au-delà de cet effort de « rapprochement et d’écoute électroniques », le ministère chargé de la Communauté marocaine résidant à l’Etranger a élaboré un plan quinquennal préliminaire pour la période 2008-2012 en tant que « prélude à la mise en place d’une politique rénovée de la gestion des affaires des migrants marocains ». Ce plan, préparé en collaboration avec les différents intervenants, notamment le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger et le Conseil des Marocains résidant à l’étranger, a été approuvé le 5 février 2008 par la commission interministérielle chargée des questions des MRE.

Plan 2008-2012
  • Le renforcement de l’enseignement de la langue arabe. L’objectif fixé est de faire bénéficier à l’horizon 2012 de cet enseignement 120.000 enfants au lieu des 60.000 actuellement.
  • Le renforcement de l’encadrement religieux afin que l’enseignement de la religion se fasse dans le respect de nos valeurs et de notre culture islamique
  • La création d’espaces culturels, en partenariat avec les pays d’accueil. Le premier, Maroc-Flamand, sera inauguré avant la fin de l’année 2008.
  • L’élargissement de la carte de notre représentation consulaire et le développement de l’administration électronique.
  • Le renforcement des services sociaux dans les pays d’accueil, l’assistance et l’accompagnement des MRE en situation difficile.
  • La promotion des investissements des MRE à travers l’élaboration d’une politique publique et l’exploration de nouvelles voies et moyens pour favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’investisseurs.
  • La mobilisation des compétences en vue de leur implication dans les chantiers de développement humain du Maroc.
Source : Le Matin - Abdelwahed Rmiche










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