Le 13 août derniers, 3 familles marocaines étaient victimes d’un guet-apens alors qu’ils piqueniquaient dans la crique de Scalu Vechju, au nord de la commune de Sisco, à 11 kilomètres de Bastia. Une rixe a éclaté entre des Corses et les 3 familles faisant des blessés de part et d’autre dont une femme enceinte et un marocain évacué en état d'urgence vitale.

Que s’est-il donc passé le 13 août dernier ? Trois jours après, la justice est toujours en train d'auditionner les témoins pour démêler les versions contradictoires des différents protagonistes.
Une enquête de Mediapart contredit le récit médiatique dominant des affrontements de Sisco. L’un des hommes impliqués a confié son récit : « Nous étions installés sur la plage pour faire un pique-nique. Tout se passait bien, quand des jeunes ont commencé à nous traiter de “sales Arabes” et à crier “Allahu akbar” en prenant des photos », explique-t-il. « Je suis allé pour m’expliquer avec eux mais ils ne voulaient rien entendre. Nous avons donc décidé de partir pour ne pas faire de vagues. Arrivés sur le parking, quatre voitures avec des hommes armés de battes de baseball nous sont tombés dessus et ont commencé à nous frapper. »
Selon certaines sources judiciaires, les auditions des témoins de la scène seraient toujours en cours et aucune inculpation n’a encore été prononcée. Un harpon et un couteau de cuisine ont bien été retrouvés sur les lieux, sans pour le moment que l’on sache s’ils ont été utilisés lors d’affrontements « qui auraient pu mal finir pour les trois familles ». Selon Le Parisien, des sources proches de l’enquête expliquent aussi que « les blessures constatées jusqu'ici sont la conséquence de coups de poing ou de l'utilisation de jets d'objets, de cailloux ou de bouteilles ».

À la suite de ces événements, la tension est encore montée d’un cran dimanche. Plusieurs centaines de Corses se sont réunies devant la préfecture de Haute-Corse pour dénoncer une soi-disant « agression caractérisée ». Des dizaines de manifestants se sont ensuite dirigés vers le quartier de Lupino scandant « on est chez nous ».

Selon le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), le nombre d’actes antimusulmans aurait particulièrement augmenté en Corse ces dernières années, passant de 8 en 2013, puis 19 en 2014 et 37 en 2015. Des statistiques inquiétantes, alors que le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a appelé lundi au micro de France Info à « éviter les logiques de tension ». « Il ne peut pas y avoir une société fondée sur les rapports de force, le communautarisme, le rejet de l'autre, et cela vaut pour tout le monde », a-t-il rappelé. « On ne peut pas confondre certaines personnes qui se comportent mal avec la quasi-totalité de la population maghrébine qui vit en Corse de façon apaisée et harmonieuse. »

Déclaration du PCF Corse au lendemain de ces tristes incidents
Faire triompher sur la barbarie la force de l’humanisme, la solidarité et la fraternité (Déclaration du PCF Corse)

Les événements graves qui ont eu lieu ces deux jours mettent en relief le danger qui fissure à présent le lien social et déstructure la société. Plus que jamais les valeurs républicaines essentielles, qui fondent le respect de tout être humain, quelles que soient ses origines, sa croyance ou son incroyance, doivent prévaloir.

La devise de Liberté d’Égalité de Fraternité comme la laïcité demeurent au cœur de cette affirmation le support intangible qui permettra de faire barrage à la haine, à la stigmatisation, aux affrontements et à la vengeance.

Le contexte national et international, après les attentats terroristes du groupe EI, donne à certains la justification d’actes ou de comportements inacceptables et condamnables du point de vue démocratique et absolument opposés au vivre ensemble. C’est là le piège qu’il faut éviter en faisant triompher sur la barbarie la force de l’humanisme, la solidarité et la fraternité.
Arlette Colin
ZYR Médias / MIPAI


















0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top