40 Years of solitude, c’est un documentaire réalisé par Al Jazeera qui retrace l’histoire d’enfants qui attendent désespérément depuis 40 ans de rejoindre le pays de leurs pères, le Maroc.

Ces derniers sont morts au Vietnam en participant à la guerre d’Indochine aux côtés de la France. Avec l’ouverture des relations diplomatiques entre Hanoï et Rabat, ces enfants de marocains espèrent pourvoir enfin découvrir leur second pays.

On peut lire une profonde tristesse sur les visages de Mohamed, Tamou ou encore Habiba, dans le documentaire « 40 Years of solitude » réalisé par la chaine Al Jazeera. Ce sont des fils et filles de soldats marocains ayant participé à la guerre d’Indochine entre 1954 et 1964, mais qui n’ont jamais pu voir le pays de leur origine.

Pour la petite histoire, de nombreux soldats marocains avaient été recrutés pour renforcer les troupes françaises au Vietnam pendant la guerre d’Indochine. Lorsque la France pousse à l’exil le roi Mohammed V, plusieurs de ces soldats décident de se révolter et rejoignent les troupes de Ho Chi Minh.

C’est ainsi que restés au Vietnam, ils épouseront les femmes du pays et fonderont leurs familles. Après une vingtaine d’année, en 1972, le gouvernement chérifien permettra le retour au Maroc d’environ 70 combattants. Ceux –ci emmèneront leurs épouses vietnamiennes et leurs enfants. Certaines de ces femmes devenues veuves, vivent au Maroc en toute tranquillité, en témoigne le documentaire d’Al Jazeera. Cependant, les enfants dont les pères marocains décèderont au Vietnam, n’ont jamais pu retrouver la terre de leurs aïeuls.

Le malheur de n’avoir pas eu leur père vivant
Mohammed Ben Ali est le fils de Mohammed Ben Majid Ben Ali, un ancien combattant marocain mort au Vietnam. Avec son frère, Boujemâa, il fait partie de ces Marocains qui n’ont jamais pu voir le pays de leurs ancêtres. Aujourd’hui âgé d’une cinquantaine d’années, il est marié à une vietnamienne avec qui il a un fils. Malgré le temps passé, Mohammed ne perd pas espoir. « Ces quatre dernières années, l’ambassade du Maroc a été en contact avec les autorités vietnamiennes. Depuis lors, nous essayons de trouver des documents prouvant notre marocanité », explique-t-il.

Tamou et Habiba, les deux filles de Mohammed Ben Aissa, un ancien combattant marocain décédé au Vietnam, elles ont grandi avec quelques-unes des familles qui ont pu retourner au Maroc en 1972. Aujourd’hui, encore, l’ainée Habiba en a les larmes aux yeux. « J’ai dû rester ici [à Hanoï, ndlr] avec ma mère. La vie était très difficile. Nous avons beaucoup souffert » se souvient cette quadragénaire qui porte le même prénom que sa grand-mère marocaine.



Appel à l’aide du Maroc
Dans la capitale vietnamienne, Habiba loue une maison et ne dispose pas de moyens suffisants pour subvenir aux besoins de ses enfants. Elle les a envoyés dans la famille de leur père, où les moyens sont également très limités.

Aujourd’hui, ces enfants de soldats marocains attendent beaucoup de leur pays d’origine, où ils veulent se rendre. « J’espère que ma famille au Maroc pourra nous aider. J’espère de l’aide du Maroc ou de la France », déclare Habiba. « Ils doivent prendre en main leur responsabilité vis-à-vis des soldats qui ont souffert à cause de la guerre », renchérit Tamou qui détient des photos d'oncles et cousins vivant au Maroc. (Yabiladi).

Les Enfants du Viêtnam
C’est aussi un témoignage des solidarités anti-colonialistes entre deux pays en lutte pour leur indépendance : le Maroc et le Vietnam, en même temps qu’un travail d’urgence sur la mémoire (il ne resterait aujourd’hui qu’un seul ancien combattant Marocain « rallié »).

Film marocain de 2005 (13 minutes) de Yann Barte, en arabe marocain (darija), viêtnamien, français. Sous-titrage en français. Produit par nabil Ayouch (Ali'n Prod, Casablanca) et la Fondation ONA.











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