Les responsables du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger ont reçu un coup de semonce par les représentants de la Nation. 

Jeudi dernier, 22 novembre 2012, ils ont échappé de très peu à l’adoption par la Commission des Finances et du Développement économique, d’un amendement préparé au nom de la majorité parlementaire par les groupes du Parti de l’Istiqlal et du PJD à la Chambre des Représentants.Le projet d’amendement consistait à réduire de 40 millions de dirhams le budget du C C M E au titre de 2013, inscrit au budget sectoriel de la Chefferie du Gouvernement avec un montant initial de 49 millions de dirhams et d’affecter utilement cette somme au Fond de Développement Rural. La raison invoquée par écrit dans le document officiel présentant les amendements des députés de la majorité est « L’Absence de transparence dans la gestion financière de l'institution CCME ».

Cet argument a fait l’effet d’un tonnerre au Parlement qui n’a pas connu de précédent. Pour bien comprendre le pourquoi, il faut revenir au débat chaud qui a eu lieu un jour auparavant au sein de la Commission des Finances, lors de la discussion du projet de budget de la Primature, qui comprend également les dotations financières publiques de toute une série d’institutions consultatives dont le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger. Mais si un certain nombre de remarques ont été émises à propos d’un certain nombre d’institutions, c’est le C C M E qui a réussi la prouesse d’avoir l’unanimité des intervenants contre lui, toutes tendances politiques confondues, majorité et opposition.

Les reproches fondamentaux adressés aux responsables du C C M E tiennent à ce qu’ils se dérobent à toute reddition des comptes et au fait qu’ils n’ont pas du tout assuré les missions principales dévolues par dahir au Conseil, à savoir présenter des avis consultatifs sur les politiques publiques marocaines en matière de communauté marocaine à l’étranger, un rapport stratégique tous les deux ans, un rapport d’activité et un rapport financier qui doivent être adoptés chaque année en assemblée plénière Sans compter le fait que le dahir de 2007 instituant le C C M E, fait également obligation à ses responsables de présenter un avis consultatif sur le futur Conseil.

Or sur tous ces aspects fondamentaux, qui justifient l’affectation annuelle d’une dotation budgétaire votée au Parlement, l’obligation de résultat n’a pas été assurée.

Si pour une question de procédure et une multitude d’interventions pressantes et de contacts incessants en coulisse, l’amendement n’a pas été formellement présenté à la dernière minute, par contre le message politique à été très bien passé… .À bon entendeur salut ! ! !

Abdelkrim BELGUENDOUZ
Universitaire à Rabat, chercheur spécialisé en migration

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top