Le sac plastique reste un des emblèmes de notre société de consommation, société qui n’est ni plus ni moins qu’une société de déchets. Sa durée d'utilisation est de quelques minutes, mais sa durée de vie s’étend potentiellement sur plusieurs siècles.

Nous continuons à utiliser les sacs plastiques à chaque passage en caisse et beaucoup d’entre nous n’ont pas encore pris l’habitude de faire leurs achats avec un sac réutilisable. On nous promet la fin du sac dans tous les commerces, mais s’en débarrasser définitivement reste un acte volontaire.

Le Maroc annonce la suppression de cet emballage polluant. Désormais, la distribution du sac plastique sera interdite à l’épicerie du quartier, dans les supermarchés et jusque dans les enseignes des grandes marques. Si en 2009, la loi n’interdisait que les sacs plastiques noirs, le conseil de gouvernement vient d’adopter un projet de loi interdisant leur fabrication, leur importation, la commercialisation et l’utilisation de tous les sacs plastiques.
Précision importante : l'interdiction ne vise pas les sacs plastique épais, fournis à titre gratuit ou non, notamment les emballages alimentaires non dégradables.
Malgré le Décret de 2011 interdisant la fabrication de sacs non dégradables etnon biodégradables, la Fédération marocaine de la plasturgie traine pour se conformer à cette nouvelle législation prétextant des coûts d’investissements importants engendrés par une reconversion dans le dégradable ou le biodégradable.

Ce réveil du gouvernement marocain intervient surtout à un mois de la prochaine conférence sur le climat (COP21) du 29 novembre à Paris, et de la COP22 2016 à Marrakech. Le Maroc envoie ainsi un signal positif sur son engagement en faveur de l'environnement et met brutalement fin à une transition qui aurait pu être graduelle et négociée.

Un sac plastique, c’est quoi ?

En général, le sac plastique est en polyéthylène, matière produite à partir du pétrole. Il se ramollit à la chaleur, ce qui lui permet de prendre des formes variées. Ses propriétés sont souvent inégalables. Il est léger, imperméable, résistant et réutilisable. Il est fabriqué en une seconde, utilisé 20 minutes et met entre un et quatre siècles pour se dégrader dans la nature.

Légers donc s’envolant facilement, les sacs sont un désastre environnemental. Abandonnés, jetés par mégarde, oubliés par les collectes d’ordures ménagères, les sacs sont partout et quelquefois là où on les attend le moins ! Dans les champs, en forêt, en montagne, en mer ou sur le littoral, ils pullulent alors que déjà un seul sac abandonné suffit à dégrader la beauté du paysage.

Chaque année, on estime que plus de 100 000 animaux marins et notamment des tortues meurent emprisonnés dans un sac plastique ou après avoir ingéré un déchet flottant en le confondant avec une proie. A lui seul, le plastique représente 60 à 80 % des déchets en mer.

Mais le plus inquiétant est invisible. Le plastique se fractionne jusqu’à former des particules microscopiques (de l’ordre de 300 micromètres). Elles contaminent le sol et l’eau et apparaissent dans la chaîne alimentaire. Les animaux marins les ingèrent et les polluants persistants se retrouvent, en bout de chaîne, dans nos assiettes. Toutes les espèces marines ou presque contiennent du plastique.

La solution la plus courante pour les éliminer est de les incinérer ou de les enfouir. Dans le cas où ils sont incinérés, les sacs servent alors de carburant peu coûteux pour entretenir la combustion des autres déchets ménagers.

On parle même de "valorisation énergétique" lorsque de l’énergie est récupérée lors de la combustion des sacs pour alimenter le chauffage urbain ou produire de l’électricité. Cependant, l’énergie récupérée est largement inférieure à celle qui a été consommée durant tout le cycle de vie du sac (extraction des matières premières, fabrication, distribution, utilisation et élimination).

L’incinération des sacs en plastique produit du gaz carbonique et de la vapeur d’eau, deux gaz à effet de serre qui contribuent au phénomène de réchauffement climatique. De plus, l’incinération des ordures ménagères dégage des dioxines cancérigènes.

L’interdiction des sacs plastiques dans le monde
Peu de pays ont pris des mesures contre les sacs plastiques. On remarque que les pays ayant choisi de les éliminer ont une économie tournée vers le tourisme ou souffrent d’une pollution visuelle considérable due aux sacs.

Depuis quelques années, les états africains prennent des mesures draconiennes. Il faut dire que ces pays, peu équipés pour la collecte des déchets, ont subi la déferlante du plastique et les sacs sont omniprésents dans le paysage. Comme au Maroc, certains pays ont entrepris de ramasser les sacs plastiques en attendant de savoir quoi en faire.

Aux États-Unis, il n’y a pas de sac de caisse en plastique. Tous les supermarchés et magasins servent leurs clients avec des sacs en papier kraft. Certains pays, comme le Canada, la Suisse et l'Italie, utilisent les sacs biodégradables.

Interdiction des sacs plastiques dans le monde (janvier 2012)
 
La Malédiction Du Plastique (Doc. Arte 2007) part1 et 2




A. Colin / Wakeupinfo








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