On est venu taper sur mon voisin j’ai fait semblant de n’avoir rien vu, ni rien entendu.

J’ai vu dans la rue un inconnu se faire agresser et tabasser j’ai tourné le dos sans chercher à comprendre ni à faire quoi que ce soit. On est venu violenter la femme anonyme qui marchait sur le trottoir d’en face , j’ai détourné les yeux et j’ai continué mon chemin comme si de rien n’était.

J’ai aperçu au loin une personne en danger de mort , j’ai laissé tomber sans alerter qui que ce soit ni aller à son secours.

J’ai assisté à une scène de hogra et à un dépassement d’autorité contre les miens, j’ai haussé mes épaules d’indifférence, je n’ai rien dit et je me suis cloîtré chez moi.

J’ai entendu autour de moi des gens parler de l’actualité politique et des luttes pour la liberté et la démocratie, j’ai gardé le silence et je me suis débiné doucement en murmurant au fond de moi : khatini poulitik !

Lorsque je me contente de ce qui fait ma misère et celle de ma collectivité, lorsque je suis insensible aux malheurs des autres, fussent-ils étrangers lorsque je suis heureux du triste sort qui est le mien, lorsque je ne regrette rien de tout le bien qui m’a été confisqué et des valeurs humaines bafouées, lorsque je ne me sent pas concerné par l’argent volé ni par les fonds détournés dans les affaires de corruption de mon pays, lorsque plus rien ne me révolte comme l'esclave résigné qui embrasse les chaînes qui l'enserrent et qui attend son tour pour baiser la main de son maitre, lorsqu'il ne voit plus que ce qu'on lui exhibe en fanfare sans demander sa part de rêve dont il a été spolié, lorsqu'il ne peut espérer plus que ce que lui offre sa condition d'esclave et de soumis, dans ce cas on peut évidemment l'imaginer heureux dans les bas-fonds de sa déchéance, de sa servitude volontaire et des tonnes de hamdoulillah invoqués à la rescousse pour le réconforter et compenser son indignité de tous les jours.

Khelaf Hellal
LeMatinDz






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