Ahmed Mansour est réputé pour être un des journalistes vedettes de la chaîne qatarie Al Jazeera, proche des frères musulmans. 

Lors de la révolution égyptienne, il s’était ouvertement placé du côté de ses frères, défendant le président Mohamed Morsi qui a été finalement destitué par Abdelfattah Al Sissi, l’actuel président. Pourtant, Ahmed Mansour, égyptien d’origine qui porte aussi la nationalité britannique, devait juste couvrir les événements comme tout autre journaliste.

Sa vie privée n’est pas non plus un long fleuve tranquille, il prend trop de libertés avec les liens sacrés du mariage et use de son influence de la protection que lui offre son appartenance à un mouvement supposé pieu et respectueux des préceptes de l’Islam. C’est pour ses dérapages que la justice égyptienne l’a condamné à 15 ans de prison pour viol notamment. Sur la base de cette condamnation, Interpol l’avait arrêté à l’aéroport de Berlin le 20 juin et confié à la justice allemande qui devait décider ou non de le livrer à l’Egypte. Après 2 jours, il a été libéré.

Entre-temps, un quotidien marocain avait publié des informations très compromettantes pour le journaliste et pour le parti islamiste marocain ; le Parti qui dirige la coalition gouvernementale. Ahmed Mansour avait, par l’entremise de ses amis islamistes usé d’un subterfuge religieux pour « épouser » une marocaine, avec la bénédiction des dirigeants du parti de la justice et du développement (PJD) qui le chérissent. Ils l’avaient déjà invité en VIP en 2012, au 7ème congrès du parti d'Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement. Le journaliste ne manquera pas par la suite de consacrer deux émissions à son hôte.

L’affaire a fait grand bruit, La réaction du journaliste n’a pas tardé. Certes, il n’a pas entamé une procédure judiciaire pour diffamation, une décision incompréhensible, mais à la place, il a publié sur sa page facebook un chapelet d’insultes et d’injures dignes des plus grands voyous. Il a accusé les journalistes marocains, ainsi que les politiques de “prostitués, proxénètes, mercenaires, usurpateurs, pédérastes et esclaves à la solde de leurs maîtres”. Le PJD a immédiatement repris le contenu de sa page sur son site officiel. C’était une manière de soutenir Ahmed Mansour qui a pris soin de préciser dans son laïus que les insultes ne concernaient pas les journalistes et les gens du PJD, tous qualifiés par lui de personnes honnêtes et saintes qui cherchent à réformer la société marocaine dans le sens voulu par dieu. Les anges contre les diables en quelque sorte.

En fait d’anges, les faits qui vont être révélés par la suite vont montrer l’ampleur de l’hypocrisie dans laquelle vivent les islamistes et plus particulièrement les frères musulmans. Il s’est avéré que le journaliste n’avait pas épousé sans acte une, mais plusieurs femmes, dont quatre au Maroc. La technique est bien rodée. Après repérage de la victime, Ahmed Mansour fait appel à ses amis (du PJD au Maroc) pour l’aider à obtenir ce qu’il désire. Le mariage se passe sans procédures légales, les islamistes peuvent se marier par la parole uniquement. Il leur suffit de réciter le premier verset du coran, devant quelques témoins et le tour est joué. Ceux qui ont aidé le journaliste dans cette affaire sont pourtant des juristes, des professeurs de droit qui savent que cette pratique est interdite au Maroc.

Les réseaux sociaux se sont déchaînés contre ce parti qui « vend les filles du Maroc à vil prix à des propagandistes de mouvements terroristes ». La tempête ne s’est pas encore calmée. Elle a obligé le PJD à supprimer l’article sur Ahmed Mansour du site. Une reconnaissance que le journaliste avait été trop loin. Il est de notoriété publique que les Islamistes tendent à mépriser les lois de leurs pays préférant se soumettre à une loi qu’ils estiment supérieure, celle de l’organisation mondiale des frères musulmans. En facilitant le concubinage du journaliste et en publiant ses insultes, le PJD l’a démontré. Sauf que le morceau était trop gros cette fois-ci. La Justice s’est saisie de l’affaire. L’enquête a permis de savoir que la répudiation s’est faite par simple coup de téléphone. Le mépris de la femme à son paroxysme.

L’obéissance aux lois des frères musulmans n’est pas fortuite, elle facilite bien des choses et notamment en ce qui concerne le rapport aux femmes qui sont les premières victimes. Le maître à penser du mouvement, Youssef Qaradoui, Egyptien lui aussi vivant à Doha lui aussi, s’est lui aussi offert... un mariage au Maroc en présence de dirigeants du parti islamiste. Ici, on se sert comme on veut. Le subterfuge du mariage par la Fatiha (verset de coran) n’est en fait qu’une sorte de mariage au noir ou un concubinage qui a d’autres règles.

https://www.youtube.com/watch?v=UVvY3fK-t30

La femme « épousée » ne sot jamais dans la société, elle n’est pas reconnue en tant que telle. C’est une femme destinée à assouvir les besoins sexuels de son homme. Ahmed Mansour a usé de cette technique plus d’une dizaine de fois et un des motifs de sa condamnation à 15 ans fermes en Egypte est le viol. Bien sûr il a été défendu par sa hiérarchie qatarie. Pour le directeur de la chaîne l’Algérien Mustapha Soaug «les pays respectueux des libertés de presse et d’expression ne doivent pas accepter de devenir des instruments dans la campagne de répression qui vise les libertés fondamentales». Or les vidéos qui circulent sur youtube montrent bien Ahmed Mansour en pleine manifestation au Caire auprès des dirigeants des frères musulmans, eux aussi condamnés aujourd’hui. Il s’est lui-même placé ainsi en dehors de la déontologie journalistique, tout comme la chaîne qatarie qui est le support médiatique des frères musulmans. Son émission (Bila Houdoud, sans frontières) a donné la parole à des chefs de mouvements terroristes comme le front Al Nousra qui combat l’armée de Bachar Al Assad en Irak. Plus encore, le journaliste ne se contente pas d’écouter mais il fait l’éloge de ses invités.

https://www.youtube.com/watch?v=UbkMd-YSQak

Par Eric Heriot







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