Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné au Maroc du 28 mai au 5 juin 2015 pour vérifier la santé économique du pays dans le cadre d’un accord de prêt au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) que le Maroc n’a pas utilisé à moins que ce dernier ne soit confronté à un besoin de financement en raison d’une détérioration de sa santé économique. (Dixit rapport FMI)

Le rapport de l’équipe FMI a conclu que l’économie marocaine est saine MAIS reste exposée à des risques extérieurs importants ! La position extérieure s’est améliorée, grâce à la baisse des prix du pétrole et à la forte performance des exportations des secteurs émergents. Le déficit budgétaire continue de diminuer, en particulier en raison des mesures prises par le gouvernement pour réduire les dépenses publiques.

Il serait légitime de rebondir sur l'actualité et de se poser la bonne question : 
le FMI, qu'est-ce que c'est ? 
Il s'agit d'une « banque » fondé au lendemain de la Seconde Guerre et dont le siège est à Washington. Sa fonction première fut de réorganiser l'ordre mondial et de coordonner les politiques internationales de changes. Vers le début des années 70, il a été converti en instrument de refinancement des pays en déficit budgétaire chronique.
Le Docteur FMI
Acteur de la régulation financière mondiale avec son bras droit la Banque Mondiale, le FMI est un organisme prêteur d'argent mais sous certaines conditions. Parmi elles, la mise en place de politiques restrictives visant à rétablir l'équilibre des finances publiques. Ce qui revient à dire que le FMI a dès lors une influence factuelle sur les politiques économiques et sociales des pays emprunteurs, avec toutes les dérives que cela présuppose pour n'importe quel esprit critique.

Pour ce qui est de l'aspect économique, le FMI et la Banque Mondiale opèrent suivant le consensus dit de Washington. Pour résumer, cela implique le retrait de l'état dans la vie des affaires et une plus grande intégration des économies dans le commerce international, ce qui passe par l'application de programmes d'ajustements structurels (qui donnent d'ailleurs leur nom aux prêts consentis) et la privatisation progressives des compagnies nationales avec les conséquences dévastatrices que l'on connaît.
Depuis trente ans, le docteur FMI tue tous ses patients qu’il soigne. Un seul traitement dans sa sacoche : la saignée. Si le patient ne guérit pas ? C’est qu’il faut saigner encore ! Le voilà qui agonise ? Saignons-le davantage ! Il meurt ? C’est qu’il a refusé de se laisser saigner assez.
Après l’Afrique ravagée, l’Amérique du Sud ruinée, l’Asie enfoncée, les « plans d’ajustement » du Fonds monétaire international gagnent désormais l’Europe. Mais, des expériences passées, on pourrait tirer une leçon d’espoir : les cancres s’en tirent mieux que les bons élèves.

Le FMI agit en sous-main. Il influence, oriente les ministres, participe d’un climat libéral – parmi d’autres institutions : la Commission, les agences de notation, la Banque mondiale etc., dont les voix accordées fixent la norme économique. Y déroger réclame du courage politique. Le FMI ne recommande plus : il tient les commandes. En Grèce, évidemment. Mais au Portugal, en Espagne, en Irlande, à Chypre également et partout ailleurs.

La France, le bon patient
Dans les « conclusions de la consultation », le FMI invite la France ainsi à :
  1.   « Un effort de modération salariale ».
  2.   « Corriger les rigidités du marché du travail », via des « réformes structurelles de grande ampleur ». Des négociations patronat/syndicat lancées à l’automne, François Hollande espérait un « compromis historique » sur la flexibilité ;
  3.   « Une réduction des dépenses publiques à tous les niveaux ».
Le lendemain, qu’annonçait le Premier ministre ? « Vingt milliards de crédit d’impôts » pour les entreprises, et une « hausse de la TVA ». Et Le Figaro titrait : « La hausse de la TVA, une idée poussée par le FMI ».

Espagne Après l’austérité, plus d’austérité !
Ici, le FMI ne prête rien. C’est l’Europe qui s’y colle (avec 100 milliards pour sauver les banques espagnoles) « le FMI exerce un rôle de contrôle ». Cette « mission d’assistance technique et de surveillance », le FMI s’en acquitte à merveille. En 2010, il a bien sûr ordonné des « réformes urgentes », notamment « rendre le marché du travail plus flexible pour favoriser l’emploi ». Le gouvernement espagnol, socialiste à l’époque, a aussitôt approuvé : « L’analyse du FMI (…) Le gouvernement ne doit pas retarder les réformes structurelles annoncées. » Soit des milliers de postes supprimés dans la fonction publique, des salaires réduits de 5 %, etc.

Portugal, premier de la casse
C’est le meilleur élève de la classe Europe, tellement doué qu’il devance toutes les recommandations. Depuis que le pays a reçu, au printemps 2011, 78 milliards d’aides, le FMI ne cesse de « saluer le gouvernement pour avoir entrepris d’exécuter un programme difficile ». Un « plan d’ajustement ambitieux », note le FMI dans son Bulletin : baisses des retraites, hausse du prix des transports, TVA à 23 %, augmentation des impôts sur les bas salaires, licenciements facilités, suppression de jours fériés, vente de ses aéroports, et il dépasse même les objectifs de privatisations. Quel brio ! Vingt sur vingt !

Seul hic : le Portugal va connaître sa troisième année de récession. Le chômage crève tous les mois un plafond, il est au-dessus de 16 % désormais. Sa jeunesse fuit, 100 000 Portugais quittent leur pays chaque année. Et même, l’endettement public grimpe encore : 93 % du PIB fin 2010, 107 % fin 2011, 118 % en pour 2013...
La Grèce, trajectoire mortifère
« La Grèce a mené à bien 60 % des réformes qui lui étaient demandées, relève l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Voilà un pays plutôt obéissant, donc.

Le 2 mai 2010, l’Europe et le FMI décident « un plan de financement ». Le programme se veut « ambitieux », nous dit le Bulletin du FMI en ligne : « Des coupes budgétaires, un gel des salaires et des retraites pendant trois ans, et des augmentations d’impôts, ainsi que des réformes profondes dont le but est de rehausser la compétitivité de la Grèce et de réamorcer la croissance économique du pays, aujourd’hui au point mort. »

Le gouvernement de l’époque – de Papandréou, socialiste – s’y applique : licenciements facilités, retraite reculée de cinq ans, hausse de la TVA, etc. Le résultat ne se fait pas attendre : une récession de 4,2 % (à la place des 3,5 % escomptés). Qu’à cela ne tienne : quand l’austérité ne marche pas, il suffit de la « renforcer ». Seul un fonctionnaire sur dix sera remplacé, les allocations chômage réduites de 22 %, et limitées à douze mois, plus des privatisations massives, etc.

Malgré cette soumission aux maîtres du FMI – ou à cause d’elle – c’est la débâcle.
À l’arrivée, le pays est en lambeaux. La récession s’installe, avec un PIB en chute de 12 % depuis 2008. Du coup, l’endettement s’accroît plus qu’il ne se résorbe : 158 % en 2011, 175 % en 2012, 190 % prévu en 2013 (hors banqueroute). Le chômage dépasse les 20 %. Le taux de suicide a triplé, devenant le plus important de toute son histoire. Et sans même des chiffres, c’est une société, avec ses hôpitaux, sa solidarité, son espoir, qui s’écroule.

C’est une fiction que ces Washington boys semblent maintenir, comme un voile tendu devant une catastrophe qu’il faut cacher : ils mettent un pays à genoux, à feu et à sang, et parlent de quoi ? De quelle priorité ?

Ghana, la catastrophe
À la fin des années 1970, le Ghana est le premier producteur de cacao au monde. C’est sa force, sa faiblesse également : en cinq ans, le cours de ce produit est divisé par deux. L’économie plonge. Le pays appelle alors le Fonds monétaire international à sa rescousse.
Le FMI arrive, en 1983, avec 600 millions de dollars dans sa besace. Et, en échange, un « plan d’ajustement structurel ».

Le jargon apparaît nouveau, attirant, dans ces années 1980. Aussi, le gouvernement applaudit à ce programme, le met en œuvre scrupuleusement : l’agriculture est tournée vers l’exportation, misant toujours sur le cacao. Aucun développement de l’industrie locale, mais l’exploitation des mines d’or. Des exemptions d’impôts, des normes environnementales allégées, pour attirer les investisseurs étrangers. Et bien sûr, la privatisation des terres, de l’eau, du sous-sol.

Le FMI et la Banque mondiale sont ravis : un élève modèle. Deux décennies durant, le Ghana suit les consignes à la lettre. Et à la place de retrouver « la voie de la croissance, de l’emploi », comme le promettaient les experts, il s’enfonce dans le marasme. L’endettement, d’abord : en 2000, le pays consacrait 4 % de son budget à la santé, contre sept fois plus aux intérêts de la dette. C’est, notamment, car le cacao ne rapporte pas les devises escomptées.

Comme les institutions internationales ont délivré à peu près les mêmes conseils aux nations alentours, tout miser sur l’exportation, le Nigeria, le Cameroun, et surtout la Côte d’Ivoire se sont lancés à fond, à leur tour, dans le cacao, les cours ont encore été divisés par deux. Mais les compagnies du nord peuvent se fournir en chocolat à bas coût… « Avant, ici, c’était le grenier à riz du Ghana, explique un chef de village, ancien cultivateur. Les semences étaient subventionnées. Y avait le plein emploi. Les étudiants venaient de la capitale pour les récoltes. Maintenant, la production locale a quasiment disparu. Nous devons acheter notre riz à l’étranger, on donne 100 millions de dollars chaque année aux États-Unis, pour ça. » Et les habitants de sa campagne sont employés à casser des cailloux… « Pourquoi faire du riz au Ghana ? » s’interroge néanmoins, à haute voix, le chef du FMI sur place (devant une piscine).
Peut-être, tout simplement, pour le manger ?

L’eau, même à la pompe, est devenue payante. En convoi, ces mères trop pauvres se rendent à la mare, infestée de vers, loin de chez elles, pour remplir leur seau. Elles la filtrent avec un tissu, la font bouillir au gaz, espérant que leurs enfants échapperont au paludisme, au choléra, à la typhoïde, autant de « maladies hydriques ». Quand, auparavant, avec mille défauts, la compagnie publique assurait une distribution d’eau quasi gratuite. Tout ça va néanmoins dans le bon sens, estime le FMI : « Le libre-échange, et tout ce qui contribue au libre-échange, est juste », assène son représentant. Amen.

Argentine, le « populisme » qui marche
À l’automne 2001, l’Argentine a foncé droit dans le gouffre. Le pays est noté « DDD », en banqueroute, par l’agence Fitch. Le chômage atteint officiellement 25 %. Les salaires sont réduits de 13 %, tandis que l’inflation croît de 125 %. La moitié, quasiment, de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les manifestations, et autres concerts de casseroles, se multiplient. Les chômeurs en lutte, les piqueteros, occupent les routes. Depuis trois ans que la récession s’est installée, l’Argentine suit, au mieux, les conseils du FMI et des États-Unis, d’un « plan de rigueur » à un « programme de privatisations ».

C’est un échec patent. Malgré cette déconfiture, et une grève générale de trente-cinq jours, le Fonds demeure droit dans ses certitudes : « Le FMI, déclare son directeur général adjoint, ne permettra pas à l’Argentine d’obtenir le soutien promis tant que le gouvernement n’aura pas mis en œuvre, par loi ou par décret, l’ensemble de mesures annoncées par le président. » Et le porte-parole du Trésor américain complète : « Davantage de sacrifices seront probablement nécessaires de la part de la population argentine » !

Corée du Sud, le FMI en procès
Ce pays existe depuis le troisième millénaire avant Jésus-Christ, sa culture est imprégnée de bouddhisme et de confucianisme, son économie a connu un boum stupéfiant depuis l’après-guerre, il est devenu un « dragon », grâce à des recettes propres : des taxes aux frontières, un crédit largement nationalisé, des conglomérats géants paraétatiques, un contrôle des changes… Bien des étrangetés, pour un esprit occidental.

Sept jours ont suffi, néanmoins, aux experts du FMI pour, en décembre 1997, appréhender cette longue histoire, saisir ses particularités, établir un diagnostic, et dresser leur feuille de route. C’est simple : tout le passé est à balayer. Eux le raient d’un trait de plume : le marché du travail à flexibiliser, les flux financiers à libéraliser, les conglomérats à restructurer…
À vrai dire, sept jours, c’est encore long, pour pondre un pareil programme : dix minutes faisaient l’affaire, avec un passage à la photocopieuse en descendant de l’avion, un coup de blanco en haut de la page « Pérou » à remplacer par « Corée » et c’était envoyé.

Les Coréens, à l’époque, l’ont eu mauvaise : six mois plus tôt, avant la chute du baht thaïlandais, durant l’été 1997, la Corée était une « puissance en devenir », et même les institutions de Washington lui tressaient des couronnes. Et maintenant, on leur assénait qu’ils étaient nuls, que leur système ne fonctionnait pas, qu’il fallait le liquider fissa. De bonne grâce, en échange de 58 milliards, le gouvernement s’y est plié, docile. Avec quels brillants résultats ? Un marasme : la fuite des capitaux s’accélère, le taux de croissance passe de + 5 % à – 6 %, et le chômage triple, de 2,5 % à 8,5 %. En un an de direction par le FMI !

Du coup, l’institution est assaillie de diatribes et de quolibets. Et une ONG locale, le Taegu Round Korea, se décide à porter plainte contre le FMI. Son secrétaire général, le professeur de finances internationales Chan Keun Lee, dresse un réquisitoire fort bien argumenté, qui mérite d’être cité longuement :

« Premièrement, le FMI est incapable de prévoir les crises financières : dans son rapport annuel d’août 1997, soit environ trois mois avant le début de la crise coréenne, il ne tarissait pas d’éloge sur la politiquemacro-économique de la Corée du Sud.
« Deuxièmement, le FMI n’a absolument pas su gérer la crise. En décembre 1997, date à laquelle il a commencé à s’impliquer dans l’économie coréenne, il tablait sur une croissance du PIB d’au moins 2 % en 1998. Or, à la fin de 1998, la croissance économique est tombée à – 5, – 6 %. Depuis, le nombre de chômeurs s’est accru de 400 000 personnes, soit 2 millions au total. C’est un désastre total pour le FMI en matière de politique économique.

« Troisièmement, le FMI outrepasse ses statuts, qui ne lui confèrent autorité que dans le domaine de la politique macroéconomique. Il peut ainsi faire des recommandations sur les politiques monétaire et fiscale, demander au gouvernement de réduire ses dépenses ou de diminuer la masse monétaire. En revanche, il n’a pas le droit d’exiger la restructuration totale du système socio-économique. Or, dans la lettre d’intention acceptée par le gouvernement coréen, le FMI demande d’accroître la flexibilité du marché du travail, de restructurer les conglomérats et les marchés financiers, de libéraliser complètement les marchés des matières premières. Si le FMI s’arroge autant de domaines régaliens, en quoi un état-nation reste-t-il nécessaire ?

« Quatrièmement, il a fallu à peine une semaine aux sept spécialistes du FMI arrivés en Corée du Sud début décembre 1997 pour définir les lignes directrices de leur programme, à savoir la restructuration totale de l’économie… Et pour le gouvernement, c’était à prendre ou à laisser. »

Comme procureur, les Coréens auraient pu citer Joseph Stiglitz, ancien chief economist de la Banque mondiale : « Les mesures du FMI n’ont pas seulement exacerbé la crise, elles l’ont aussi en partie provoquée (...). J’ai plaidé auprès du FMI pour qu’il change de politique, en soulignant bien le désastre qui se produirait s’il maintenait son orientation. Sa réponse a été cassante et laconique : si les événements me donnaient raison, le Fonds changerait sa politique. Je fus atterré par ce wait and see [attendre et voir] ». Le FMI lui-même s’est senti un peu péteux. Dès janvier 1999, dans un rapport, ses conseilleurs admettent des « erreurs », notamment en sousestimant la « sévérité des revers économiques ». Mais que dire lorsque l’ « erreur » se reproduit dix fois ?
Le cas de l’Islande, la réussite d’une hérésie
Et à quoi est dû ce succès ? Parce que l’Islande n’a pas adopté les recettes traditionnelles du FMI ! Elle a même fait tout le contraire !
« Comment l’Islande, naguère au bord du gouffre, a pu se rétablir. » C’est un papier publié sur le site du FMI. Signé de Poul M. Thomsen, directeur adjoint, département Europe.

« Lorsque je me suis rendu à Reykjavik, en octobre 2008, pour proposer l’assistance du FMI, raconte ce dirigeant du Fonds, la situation de l’Islande était critique. Les trois plus grandes banques du pays – qui constituaient l’essentiel du système financier – s’étaient effondrées l’une après l’autre en l’espace de deux semaines. Le sentiment de peur et l’état de choc étaient palpables – peu de pays, voire aucun, avaient vécu une débâcle économique aussi catastrophique.

« Aujourd’hui, trois ans plus tard, l’économie est de nouveau en pleine croissance et la création d’emplois a repris : le taux de chômage est tombé en dessous de 7 % de la population active. En juin dernier, l’État islandais a lancé avec succès une émission obligataire de 1 milliard de dollars, marquant ainsi son retour sur le marché international des capitaux. »

Et à quoi est dû ce relatif succès ? Parce que l’Islande n’a pas adopté les recettes traditionnelles du FMI ! Elle a même fait tout le contraire !

Poul Thomsen livre le détail de ces mesures :
  • « Premièrement, une équipe de juristes a été chargée de veiller à ce que les pertes des banques ne soient pas absorbées par le secteur public. » Alors que, d’habitude, le FMI réclame qu’on sauve les banques d’abord, et à tout prix.
  • « Deuxièmement, l’objectif unique était à l’origine de stabiliser le taux de change. Nous y sommes parvenus à l’aide de mesures non conventionnelles, le contrôle des mouvements de capitaux notamment. » Alors que, bien sûr, le « contrôle des capitaux » appartient normalement au musée des horreurs.
  • « Troisièmement, le gouvernement a laissé les stabilisateurs automatiques jouer à plein pendant la première année – ce qui revenait à retarder l’ajustement budgétaire. Cela a permis de soutenir l’activité en période de fortes tensions. » En clair : il n’y pas eu de plan d’austérité – la première demande, ailleurs, du FMI.
  • « Quatrièmement, les conditions liées au concours du FMI ont été allégées et centrées sur l’objectif essentiel — la reconstruction du secteur financier. Il y a certes d’autres domaines de l’économie où des réformes seront nécessaires à terme, mais elles ne faisaient pas partie du programme de redressement. » Autrement dit, ici, immédiatement, le FMI n’a pas exigé de « flexibiliser le marché du travail » et autres « privatisations ». Poul Thomsen conclut de lui-même : « Lors de l’élaboration du programme d’appui à l’Islande, les services du FMI ont dû recourir à des instruments qui ne font pas partie de notre arsenal habituel. » Tout en prévenant de futures tentations : « Cet ensemble éclectique de mesures a été efficace dans le cas de l’Islande, mais il n’est pas du tout certain que les enseignements à en tirer soient transposables ailleurs. »
Demeure ce mystère : pourquoi les fanatiques du FMI ont, en Islande, toléré de pareilles hérésies ? D’abord, ce compte-rendu élogieux, a posteriori, efface toutes les aspérités d’un bras de fer, qui s’est déroulé pendant plusieurs mois, entre l’institution internationale et le gouvernement islandais : la première exigeait, par exemple, et exige toujours, que les épargnants anglais et néerlandais, touchés par le naufrage de la banque privée Icesave, soient remboursés par l’état islandais. Dans ce rapport de forces, ensuite, il faut compter la pression populaire : des rassemblements permanents devant le Parlement, devant les banques, les ministères, avec tambours, casseroles, bidons, des pétitions que signent 20 % des habitants, un référendum à 93 % contre le remboursement des dettes… Aussi autistes qu’ils soient, les experts du FMI ne peuvent en faire complètement abstraction.

Arlette Colin
Wakeupinfo.fr




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