L'article passionnant "Les Animaux ne violent pas", de Jamal-Eddine Naji, paru dans le journal marocain Libération du 2 avril 2012, s'attaque courageusement à l'excision, à la circoncision, au viol ritualisé, au tabou des tabous. 

Dans les années cinquante, Joseph Chelhod avait publié un livre savant, rare, étonnant, "Le Sacrifice chez les Arabes. Recherche sur l'évolution, la nature et la fonction des rites sacrificiels en Arabie occidentale", aux Presses Universitaires de France, la préface était de Marcel Griaule, le grand anthropologue du Musée de l'homme, découvreur de la culture Dogon.

Le livre de Joseph Chelhod, aujourd'hui introuvable et rarement cité, ouvrait une piste de recherche féconde pour explorer les zones obscures de la mémoire collective musulmane. La culture marocaine et son ethnos structurel sont sans doute marqués par cette double tradition sacrificielle, antique, arabo-africaine.

Or la culture sacrificielle relève du fatum, de la superstition fataliste, qui institutionnalise la soumission à l'ordre établi. C'est cette culture-là qui a été théorisée par Al Ghazali (notamment dans L'Ethique du musulman, dans Le licite et l'illicite, dans l'Epitre au disciple) dont le dogmatisme philosophique a plongé le monde arabo-musulman dans le fatalisme, l'obscurantisme et l'immobilisme depuis huit siècles, à tel point que le Printemps arabe, comme la Nahda hier, est sans cesse guetté par les nuages sombres de l'automne des patriarches.

Les animaux ne violent pas !

Par Jamal-Eddine Naji



0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top