Souad Guennoun est photographe, membre d’ATTAC-Maroc. Elle enquête sur les dérives et les tromperies du système des microcrédits pratiqués dans la région d’Ouarzazate (Maroc).

Depuis plusieurs années des familles de cette région se sont organisées en associations pour se défendre contre les organismes de microcrédit qui profitent de leur pauvreté et parfois de leur analphabétisme pour les noyer de dettes. Les victimes sont en majorité des femmes.

Souad Guennoun a tourné une vidéo lors de la Caravane Internationale de Solidarité du 24 au 27 avril 2014 qui a réuni des femmes venues du Bénin, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Burkina Faso, d’Argentine, de Belgique et d’Haïti pour soutenir cette lutte. Des témoignages extraits de ce document seront projetés en introduction au débat avec Souad Guennoun



La microfinance est souvent considérée comme un moyen offrant un fort potentiel de réduction de la pauvreté. Cependant, en dépit de certains succès, les accords de microcrédit avec des prêteurs sans scrupules contribuent fréquemment à empirer des situations déjà difficiles, en enfonçant davantage les femmes dans la pauvreté et le désespoir. De nombreuses femmes ont pâti de l’envers du microcrédit, la forme de microfinance la plus répandue.

La promesse du microcrédit
La microfinance correspond aux services financiers disponibles au profit des personnes pauvres : crédit, transferts de fonds, assurance et épargne. La forme de microfinance la plus répandue est le microcrédit.

En 2006, l’économiste bangladais, le Dr. Mohammad Yunus, fondateur de l’institution de microfinance Grameen Bank, a reçu le prix Nobel de la paix pour son travail innovateur de mise à disposition de financements au profit des personnes pauvres au Bangladesh. La philosophie de Yunus est que de tout petits prêts peuvent faire une différence énorme sur la vie des personnes pauvres et que l’appui à l’esprit d’entreprise est décisif pour mettre fin à la pauvreté.

Les banques sont généralement réticentes à accorder des petits prêts non seulement parce que leurs rentabilités sont faibles, mais également parce que les personnes pauvres ne possèdent pas de biens leur servant de garanties. 

Le microcrédit fournit un capital d’affaire à de nombreuses personnes pauvres qui autrement ne pourraient pas accéder au modeste capital de démarrage dont elles ont besoin pour lancer leur petite affaire. Rien qu’en Inde, d’après un reportage d’actualité de la BBC, 30 millions de personnes ont obtenu des microcrédits depuis la création de ce concept. La microfinance est considérée une solution optimale de levée de capitaux au profit des femmes pauvres qui n’ont pas accès au crédit autrement.

Le microcrédit ne profite pas toujours aux femmes
Souvent, les femmes reçoivent des petits prêts ponctuels qui répondent à un besoin initial, mais ne les aident pas à élargir leur petite affaire. Cela signifie que la situation financière des bénéficiaires ne s’améliore pas forcément à long terme.

S’il est vrai que la microfinance a profité à de nombreuses femmes, il n’en demeure pas moins que pour d’autres, les conséquences furent négatives. D’après un reportage d’actualité de la BBC, une communauté rurale dans l’état d’Andhra Pradhesh, en Inde, a vécu une vague de suicides liés à l’incapacité des bénéficiaires de microcrédits de rembourser leurs dettes. Suite à cette situation, le gouvernement de cet état aurait pris des mesures énergiques contre les opérations des prêteurs abusifs. Un grand nombre des personnes à s’être suicidées étaient des femmes dalits.





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