Vouloir n’est jamais pouvoir c’est plutôt l’inverse. Il faut pouvoir pour vouloir surtout en ce qui concerne la femme déshumanisée par l’humanité supérieure, celle qui a fini par posséder tout le monde y compris le père le mari et le fils. Sur le 1 milliard 200 millions de très pauvres dans le monde, 70% sont des femmes avec des enfants qui se retrouvent également dans les 30% restants. 

Les chiffres veulent tout dire et rien dire. Un fait : c’est sur ce cheptel que repose les industries du Vice : la prostitution, la drogue, la traite, la pédophilie, les armes, le terrorisme, les génocides, les guerres etc. Tout a échoué féminisme inclus sauf dans les pays arabes.

"La culture arabe est empreinte de la plus ancienne organisation humaine que l’on connaisse… De cet anthropomorphisme primitif et de l’obligation d’organiser une société plus grande que la horde, une attitude va nous rester : le sacrifice.

Le sacrifice c’est : "Je te donne quelque chose de précieux et en échange, tu réalises mes désirs", et nous nous sommes mis à hiérarchiser nos biens en fonction de la "protection" attendue. Pour la caricature, on pourrait dire que le principe mafieux est né." Avant l’an 0, les Arabes avaient tout compris. Si le cercle est vicieux c'est-à-dire limité à un seul point pourquoi se fatiguer à calculer sa circonférence ? En ce début du XXIe, quand elle existe, la femme est l’autre.

Certes, l’Afghane est loin derrière l’Américaine, mais imaginons un seul instant que les USA au lieu d’envahir le pays des Pachtouns, imposèrent l’égalité entre femmes et hommes comme ils l’avaient fait au Japon, plus d’un demi-siècle plus tôt après 66 villes nippones réduites en cendres, un empereur à genoux et une bombe atomique en doublant. Mais les Japonais ne sont pas des Arabes, ils n’ont pas de désirs parasites, ni de protection à mendier. Ils sont plutôt doués à dénicher une sagesse dans n’importe quelle obéissance. Libérée par l’ennemi, discrètement, la Japonaise a fait le miracle de son pays d’après les experts qui la désignent en véritable "puissance économique".

Ah si les colons avaient exigé cette égalité en envahissant la Régence d’Alger ou Napoléon "déterrant" les pyramides qui permettent aujourd’hui aux Égyptiens sous le Croissant de bénir la baraka des pharaons.

On parle bien d’une seule espèce en Algérie, en Egypte, en Amérique, en Afghanistan ou au Japon, "groupe d’êtres vivants se reproduisant entre eux" : l’homo sapiens. C'est-à-dire sans être parfaite, l’égalité naturelle existe. Combien d’adolescentes américaines possèdent le QI et le courage du prix Nobel de la paix, Malala ? Brillante élève maîtrisant trois langues dont l’anglais à 11 ans elle possède déjà un blog pour l’antenne BBC en ourdou. La mère et les tantes analphabètes, mais le père professeur d’anglais luttant, au risque de sa vie, pour ouvrir son école à la mixité.

La "gamine" de la vallée du Swat, maudite par les inondations, les tremblements de terre et la sauvagerie des talibans, risque fort de finir sa vie en exil comme toutes les étoiles solitaires et filantes du monde musulman. Par peur des représailles talibanes, les écolières du lycée public pour filles de Mingora, la plus grande ville de Swat, ont refusé que leur établissement porte le nom de Malala. Comme si aujourd’hui en Algérie, on aurait l’idée saugrenue de donner le nom de Katia à un établissement scolaire. Katia, cette fille tuée à la porte de son lycée parce qu’elle refusait le voile. Déjà, à l’époque, contrairement aux talibans, les terroristes algériens savaient que l’école, mixte ou pas, ne représente aucun danger. Serpent maboul qui préfère son ventre à sa queue pour se remplir l’estomac…

La femme est ainsi confrontée partout pour survivre au casse-tête du vouloir sans pouvoir. Il ne suffit pas de vouloir survivre. Il faut se demander à quel prix payer cette survie dans un monde qui ressemble de plus en plus à celui prédit par Ivan Illich : "… un monde transformé en hôpital planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés à cette condition…

" La femme est partout et en nombre là où il y a la précarité, le temps partiel, le chômage, tous les métiers de la servitude, les métiers où la souffrance règne où la compassion est de mise où les mères Theresa sans grâce ouvrent leurs maigres bras à tous les "lépreux" de la Terre. Sans possibilité de les guérir et pire sans pouvoir contenir leur contamination.

Cet échec du féminisme rejoint curieusement de plus en plus celui du visionnaire et héritier de Sartre, André Gorz s’inquiétant des dérives du capitalisme ultralibéral : "…Les services personnels se développent grâce à la paupérisation d’une masse croissante de gens, phénomène constaté tant en Amérique du Nord qu’en Europe occidentale...

L’inégalité sociale et économique entre ceux qui rendent les services personnels et ceux qui les achètent est devenue le moteur du développement de l’emploi…Nous voyons ainsi se reconstituer à l’ère postindustrielle des conditions qui prévalaient il y a 150 ans…à une époque où le niveau de consommation était 10 fois plus faible…, 1/6 de la population…réduit à s’embaucher comme serviteurs et gens de maison chez les riches et un quart subsistait…grâce à des petits boulots. Mais il s’agissait alors de ruraux illettrés et d’artisans ruinés.

Ni la république ni la démocratie n’existaient encore dans les faits, pas plus que le droit à l’éducation et à l’égalité des chances. Aujourd’hui, en revanche, nous vivons ce paradoxe explosif : nos gouvernements veulent, d’une part, que 80 % des jeunes passent le baccalauréat ; et d’autre part, en vertu de l’idéologie de l’emploi pour l’emploi, que se développe une énorme sous-classe de serviteurs pour agrémenter la vie et les loisirs des couches solvables…La création d’emplois n’a plus pour fonction d’économiser du temps de travail à l’échelle de la société, mais de gaspiller du temps de travail pour le grand agrément d’une minorité de nantis."

On nous dit que le féminisme a été manipulé, par extension et tenant compte de la situation peu enviable de la masse masculine, on peut dire que les révolutions aussi. Ces révolutions qui utilisent des femmes en première ligne avant de les reléguer derrière celle qu’elles occupaient avant.

En 1789, les femmes de Paris avaient marché jusqu’au palais du roi pour demander du pain, à peine 11 ans plus tard Napoléon restaure la domination de l’homme.

Le printemps arabe a offert le droit aux Tunisiennes de porter le voile, aux époux des Libyennes d’avoir plusieurs épouses tandis que pour les Egyptiennes, le voile et la polygamie doublement confirmés par le successeur de Moubarak. Si c’est grâce à la femme que la Tunisie a échappé à la malédiction arabe, on peut logiquement conclure que c’est à cause d’elle que le reste a sombré et gratte les caniveaux.


C’est intéressant de constater que la résistance d’In Salah, unique en son genre en Algérie, est le fait d’abord de mères soucieuses de protéger la santé de leurs enfants donc naturellement incorruptibles même si par miracle on leur proposait, pour les faire taire, l’égalité des Norvégiennes.

C’est intéressant de constater que plus se creuse l’inégalité des hommes et des femmes plus grandes sont les inégalités entre les hommes empêchant la stabilité et bloquant l’évolution d’un pays.

Exemple, les pays nordiques qui décrochent inlassablement le tableau d’honneur dans tous les classements internationaux. "La liberté des autres étend la mienne à l’infini", déclare Michel Bakounine. Le prix Nobel d’économie, Robert Lucas en comparant les Philippines et la Corée du Sud au début des années 60 a constaté qu’ils avaient le même niveau de scolarité, d’urbanisation et de revenu par habitant. Seule différence : les Philippines avaient le taux d’inégalité le plus élevé.

L’exemple de ces deux tribus en Afrique lors de l’exploration occidentale. L’une était misérable, rongée par la famine et les maladies tandis que l’autre était florissante et joyeuse malgré le voisinage et la similitude des moyens de subsistance. Une seule différence : dans la tribu malchanceuse, les femmes étaient cloîtrées. Quand les hommes partaient faire la guerre, très souvent, les champs des uns se retrouvaient à l’abandon faute de main-d’œuvre masculine tandis que chez les autres, là où les hommes et les femmes étaient interchangeables, la relève féminine garantissait la survie de la tribu.

Quand Saddam Hossein a envahi le Koweït, l’Arabie Saoudite ne manquait ni d’argent ni d’armes sophistiquées pour l’affronter sans faire appel à l’armée américaine qui a la particularité d’utiliser aussi bien des hommes que des femmes. Une mission bien facile puisque l’Irak était ruiné, laminé par la guerre avec l’Iran avec une armée bien fatiguée vu la facilité avec laquelle elle s’est effondrée plus tard.

La famille princière saoudienne à elle seule pouvait former une armée avec la force du nombre et le souci de protéger les puits de l’or noir et l’honneur des harems. Certaines Saoudiennes, "rassurées" de pouvoir compter sur les Américaines, se précipitèrent au volant de leur voiture pour aider les Koweitiennes. La fatwa leur interdisant de conduire n’a pas tardé à s’abattre et n’est pas prête d’être annulée. Ressentir la honte de voir la femme agir sans autorisation pour protéger sa sœur alors que le frère, plus sage, se contente de prier et maudire l’ennemi.

On sait que c’est cette anomalie qui a enfanté Ben Laden et Al Qaïda. La sociologue Fatima Mernissi s’interroge à juste titre : "Comment les fils des femmes qui ont le dos courbé, pourraient-ils avoir le dos droit ?" Quand la femme n’avait pas le dos courbé, elle a inventé l’agriculture. Quand le ciel était habité exclusivement par des Déesses qui ne prônaient aucune suprématie d’un sexe par rapport à un autre, la guerre n’existait pas. Toutes les fouilles archéologiques l’ont prouvé, le matriarcal des origines formait une combinaison sereine pacifique avec le patriarcal.

Pendant plusieurs dizaines de milliers d’années, les hommes et les femmes ont cohabité en structure horizontale rentable pour les deux. L’Un-l’Autre, dirait Élisabeth Badinter. Puis la Déesse fut remplacée peu à peu jusqu’au Dieu Unique Implacable des religions monothéistes prônant la suprématie de l’homme sur la femme et la nature. Résultat, on a une nature menacée de disparition et une femme qui vacille entre l’objet et l’Autre.

Ironie du sort quand elle est objet dans le monde exclusivement patriarcal arabo-musulman c’est la mère qui incarne la déesse et non le père. "Le Paradis est sous les pieds des mères." Pourtant, on a démoli toutes les statues de la divinité féminine et maudit jusqu’à sa mémoire. Quand elle est l’Autre, celle qui garde la nostalgie de la grande déesse, celle qui se bat en féministe depuis le 17e siècle, Erica Jong écrit : "Si nous avions été assez sottes pour mettre en pratique les proverbes de nos mères et nos grands-mères, à l’heure qu’il est nous serions toutes en train de faire les poubelles. Si nous avions été assez stupides pour obéir aux magazines et aux films des années 1960 et 70, nous serions toutes mortes du Sida… Nous étions toujours déchirées entre la mère que nous avions dans la tête et la femme qu’il fallait devenir si nous voulions rester en vie…

Comment gérer notre désespoir, quand on nous ment et qu’on nous manipule pour accumuler richesse et pouvoir au nez des honnêtes gens ? Quand ces honnêtes gens se font constamment évincer et passent entre les mailles du "filet de sécurité" que des baratineurs ont pris soin de tisser pour eux-mêmes et leurs enfants ?...le système est toujours verrouillé...

Partout les femmes se contentent d’une demi-part du gâteau quand ce n’est pas des miettes. Ce ne sont pas des ratées, pourtant, mais des femmes extrêmement décidées et brillantes. Ce ne sont pas des geignardes ni des pleurnicheuses et encore moins des fainéantes. Simplement, elles font les frais d’un impitoyable système à deux vitesses.» Il y a aussi des femmes ni brillantes ni décidées seulement vouées à la promotion canapé parce que le système les accueille à bras ouverts et les rejette à la première ride au premier cheveu blanc malgré le gavage aux hormones et le dictat du lifting.

Ces femmes dont le seul mérite est de naitre avec un beau physique prennent la place d’autres femmes qui ont tous les mérites sauf l’esthétique de l’épiderme. Elles prennent aussi la place d’hommes brillants et décidés. Sous la pression populaire additionnée à la pression du gain, on a donné aux femmes une égalité-leurre comme on a donné à l’homme une démocratie-leurre.

Résultat, l’homme et la femme de nos jours donnent cette impression de courir derrière un bolide qui les enfume et leur jette des bonbons pour saper leur course et entretenir leurs chamailleries …André Gorz a fini par se suicider avec sa femme un an avant la crise de 2008. Erica Jong, à l’aube de ses 50 ans, toujours brillante et décidée, se suicide au figuré avec son livre "La Peur de l’Age". Le Parrain carnassier a remplacé le Père fouettard. Dieu est mort, affirme le philosophe. Heureusement Satan a pris sa place, réplique la masse qui a horreur d’être orpheline.

Mimi Massiva

Références : Elisabeth Badinter l’Un est l’Autre ; Hawa Djabali (La Relation au corps chez les Maghrebins) ; André Gorz (Bâtir la civilisation du temps libéré)



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