L’auteur du livre «Le Meilleur des mondes», Aldous Huxley, affirme qu’un mensonge répété 64000 fois devient vérité. Il ne nous dit pas ce que devient une vérité répétée 64000 ni pourquoi 64000. Le proverbe populaire qui ne s’embarrasse de l’obésité des nombres prône le profit dans toute répétition. Les experts de la Propagande et de la Pub l’ont bien compris.

À force d’entendre une rengaine, on en fait un tandem. C’est ce qu’Ignacio Ramonet nomme modestement "les Propagandes Silencieuses" en se demandant déjà en 1970 comment sommes-nous influencés contrôlés conditionnés par ce funeste rabâchage. Sous hypnose, du berceau à la tombe grâce à l’école, la télévision, la radio, les journaux, les magazines, les livres, les spots, les films, les séries, les CD, DVD, les jeux vidéo, l’internet, les réseaux sociaux, asociaux etc. Aucune échappatoire. Toutes nos pensées sont cernées par ce bracelet électronique que manipule une poignée de plus en plus restreinte de nababs. Pourquoi ? Pour nous empêcher de réfléchir un peu et les pendre au premier arbre venu. La médecine en analysant le cerveau humain a dénombré trois couches superposées ; trois cerveaux. Le premier nous vient de nos ancêtres les reptiles datant de 400 millions d’années, un cerveau animé par les instincts archaïques du prédateur, de la proie. Le deuxième limbique, héritage des mammifères soucieux de veiller à la survie de l’espèce, la protection des petits. Et le dernier cerveau, le néocortex, siège de la logique, de la pensée abstraite. Donc si la Nature ou Dieu ont jugé utile de les garder tous c’est qu’aucun n’a réussi en solo le test à 100%.

Quand on a demandé à Einstein d’expliquer sa réussite, il a répliqué : "Dieu est subtil, mais jamais malveillant." Mais de là à ce que le cerveau dinosaurien prenne le dessus et les commandes, l’idée ne l’a sans doute jamais effleurée, lui le timide le pacifiste le musicien et l’inventeur malgré lui de la bombe atomique. Aujourd’hui Einstein serait au mieux devenu le robot d’un laboratoire militaire à supposer que son génie ait pu éclore avec ce matraquage ionique et ce désenchantement universel. En 1994 dans Pax Mafiosa, Claire Sterling se posait la question: "les Multinationales du crime vont-elles s’emparer du pouvoir au niveau mondial ? La question ne se pose plus. Au sommet de leur Olympe, les faux dieux ont atteint leur but en finançant les campagnes des politiciens dits démocratiques pour gouverner avec leur complicité. Comment éviter le 11 septembre, le massacre de la masse, des journalistes des caricaturistes, comment éviter les bulles de Wall Street, la pollution de la planète, le gaz de schiste, la disparition des espèces protégées, la haine des jeunes, la peur des vieux… ? On sait que l’enquêteur ne peut s’empêcher de se dire à qui profite le crime ? Mais la règle n’est pas mathématique. Exemple la jeune veuve éplorée couchée dans le testament n’est pas nécessairement celle qui tient l’arme, elle n’est pas aussi nécessairement celle qui ne voit rien venir… Qu’il s’agisse du terrorisme qui tue des enfants ou celui qui transforme les femmes en esclaves sexuels et les blonds captifs en compte en Suisse, aux bombes dans les souks les bus les avions et les lieux de culte au nom d’un ciel commun à tous, on ne compte plus les victimes ni les «protecteurs» qui n’ont rien vu venir. Depuis le 11 septembre et malgré le serment de la Maison- Blanche de faire la guerre à ces guerriers de l’apocalypse, ils se sont multipliés à travers le monde faisant des musulmans leur principale chair à pâtée malgré leur réislamisation. Aujourd’hui Obama, parlant de l’EI (État islamique) reconnaît que la guerre sera longue de 10 à 15 ans. Il aurait dû se taire, pas besoin d’affirmer que même la première puissance mondiale ne peut faire de miracle. Les guerres coûtent cher et durent le maximum : une décennie. Donc le terrorisme va mourir de sa belle mort avant de ressusciter aussi naturellement.

En Algérie, on a connu l’horreur et sans doute demain nous allons replonger, tous les indices sont là malgré la Réconciliation signée par la Régence d’Alger. Le terrorisme est inévitable, sans alternatif économiquement parlant et politiquement bien payant. «Protégez-nous simplement !» Quand un peuple demande la sécurité avant la liberté, c’est qu’il a déjà perdu son humanité. Qui sont les héros de l’Histoire ? Des guerriers. Qu’offre-t-on à jouer aux enfants de nos jours ? Des armes pour les garçons et des poupées Barbie pour les fillettes. Les symboles de l’éducation se résument au guerrier et au repos du guerrier. Violence et soumission. Verser le sang de la masse en sacrifice. Le coup est double : renforcer le trône et les chaînes. La révolte populaire est devenue à la longue un leurre. Depuis la Seconde Guerre mondiale, ceux qui mènent le monde ont bien compris qu’ils doivent s’unir pour garder indéfiniment le pouvoir. Les trois lettres de l’ONU et surtout la mondialisation ont donné au sommet une voix unique. L’image nous revoie toujours des présidents qui se font des mamours, rient des lèvres et des yeux alors qu’ils entretiennent la haine entre leur peuple sinon l’indifférence du moins une concurrence déloyale. Partout, ils sont chez eux et partout la populace est étrangère, déracinée même sur son propre sol. Dans l’affaire Charlie, ils ont joué la comédie de la marche dans la plus belle avenue du monde cernés de caméras, mais loin de la foule malgré leur bataillon de gardes du corps, la police et l’armée de la République. Dans le pays de l’Égalité, un déséquilibré aurait pu se faire exploser dans la masse des gueux, mais impossible parmi les élites. Pourtant, ces derniers sont les serviteurs censés assurer la sécurité de tous. Pour cela, ils sont grassement payés et bien choyés occupant les palais des anciens rois décapités …

En écho, les barbus enflamment les ruelles du monde arabo-musulman brûlant des drapeaux et des figurines. Pour l’occasion, Alger a anesthésié sa Garde pour faire vibrer ses rues vierges et ensoleillées sous les pas du FIS ressuscité tel un sphinx sans énigme. Tout est pardonné et rien n’est pardonné. Les frères Kouachi ont sauvé l’honneur du Prophète. Qui sauvera les musulmans de la peur des autres ? Un imam en Suisse a lancé l’idée d’un temple pour les trois religions monothéistes, ses collègues ont lancé illico une fatwa contre lui pour le destituer de sa fonction. La Suisse, mosaïque de cultures de races de religions et de langues, possède une démocratie participative qui appelle les citoyens à consacrer parfois tous leurs samedis au vote. Gageons que l’État suisse se contentera de dépenser de l’argent pour protéger la vie de ce «renégat» au lieu de demander l’avis des électeurs sur cette affaire. Le philosophe hindou Ram Swarup écrit dans Foi et Intolérance : "Dieu vient à ceux qui le cherchent sincèrement. Il ne respecte ni les personnes ni les titres. Il est évident que dans cette approche il n’y a pas de place pour des révélations exclusives, un Fils unique ou un dernier Prophète…Dieu a fait l’homme à son image. Mais, inversement, l’homme fait Dieu à son image. De ses ambitions, de ses haines, de sa sensualité et de ses intérêts il fait un petit dieu ; ensuite il le met sur un piédestal et l’adore ; non seulement il l’adore, mais il force les autres à l’adorer." Les adeptes du yoga de plus en plus nombreux dans le monde médical et dans le monde tout court semblent donner raison au philosophe. Et si pour une fois on cherchait le conflit à l’intérieur de nous-mêmes pas à l’extérieur ? Apparemment le buste de Gandhi en Occident lance dans le vide cette phrase : "The word is my family". La France déclare la guerre aux assassins qui ont fait gagner plus de 20 points à son président ressuscité et rêvant d’un second mandat. Comme pour Bush et le 11 septembre, le système algérien, le terrorisme se comporte comme la crise économique : il renforce les dominants et lamine les dominés. Les frères Kouachi sont morts avant de parler, c’est vrai qu’ils n’avaient rien à révéler aux autorités concernées comme tous les terroristes qui les avaient précédés. Contrôlés suivis espionnés et plus riches et mieux équipés que les policiers de la 5e (6e) Puissance mondiale. Récemment en Belgique un policier masqué a dénoncé à la télé les fausses balles de son arme de service et le gilet pare-balles qui ne le protège que contre le froid. Heureusement, dans le pays de Brel, les chiens munis de caméra sont dressés pour affronter en premier le danger. En France, en Belgique, aux USA ou en Algérie, la police semble être un barrage bien fragile et bien commode. Ce n’est pas étonnant qu’elle soit la première cible des terroristes la première responsable des bavures et la première dans les statistiques sur le suicide. Les 3 policiers morts en France tous d’origine étrangère et le discours officiel parle comme d’habitude de racisme, d’islamophobie, d’antisémitisme, d’apartheid, de ghetto et de nouvelles lois répressibles etc. Tous les mots à fracturer un peu plus une société française déjà en lambeaux. Pas de regret, ni de doute, d’excuses encore moins une quelconque démission, pas un mot de reproche aux pays amis qui financent et arment les terroristes.

À chaque tuerie, nous avons le même scénario qui se répète jusqu’à l’écœurement. Le va-t-en-guerre des politiciens pataugeant allégrement dans le sang des victimes et l’unanimité de la presse aux ordres. Sans oublier le rôle des prédicateurs payés par des dictateurs pour enflammer une jeunesse perdue qui sert aussi bien à tuer à se faire exploser qu’à brûler des drapeaux au rythme des fatwas et des satellites qui assurent la bonne connexion et les complots à outrance. On aurait aimé que ces foules descendent dans la rue pour protester contre les villages dévastés semés de cadavres après le passage de Boko Haram, les écoliers assassinés par centaines en Afghanistan, les attentats quasi quotidiens en Irak contre les chiites, sans oublier les victimes du terrorisme dans une Algérie traumatisée à vie, 100 % sunnite et épargnée par l’invasion étrangère. On aurait aimé une solidarité avec la Kabylie pour un peu de démocratie de racines, pour la protection des Mozabites, contre le gaz de schiste avec les sudistes… Un zombie peut-il défendre un autre zombie ? C’est compliqué pour un malade de jouer au toubib. Pas étonnant qu’aucun printemps arabe n’ait réussi à prendre. Exemple, la question n’est pas pour ou contre le gaz de schiste, mais pourquoi le gaz de schiste dans un pays imbibé de pétrole à plus de 90% désertique sur une planète polluée et surchauffée. On est consterné quand on voit qu’un pays comme la Norvège qui a tellement de pétrole qu’elle l’investit à l’étranger pour ses générations futures va débarrasser gratuitement l’Angleterre de ses déchets pour les transformer en énergie afin de chauffer ses villes.

L’Algérie croule sous ses poubelles, seulement elle n’a pratiquement pas de relation économique avec les pays les moins corrompus au monde, les pays nordiques, pour la conseiller. C’est la corruption qui fait le lien entre le gaz de schiste "Je suis Charlie" ou "Je suis le Prophète". Que serait le wahhabisme sans les pétrodollars et les pétrodollars sans wahhabisme. Où en serait la démocratie occidentale, la dictature orientale sans les pétrodollars. Il n’y qu’à voir comment se sont précipités les maîtres du monde pour se recueillir sur la dépouille du roi d’Arabie saoudite l’encensant tel un messie de paix de tolérance et d’œuvres grandioses alors qu’il a accédé au trône en vieillard moribond. Même les chaînes arabes pour enfants ont pris le deuil. En Israël, la télévision publique se permet de diffuser une série blasphématoire qui se moque du judaïsme sans que ses intégristes brûlent Tel Aviv. Pour éviter d’être la cible des terroristes islamistes, les juifs fuient la France quand vont-ils produire des terroristes et cesser de décrocher des prix Nobel pour ressembler aux cousins ? Après le 11 septembre, les Américains ont mis de l’argent dans l’école saoudienne pour l’épurer de la violence qu’elle distille dans le cerveau des enfants, 14 ans plus tard, le chaudron saoudien n’est neutralisé que grâce aux bases militaires de l’Oncle Sam. Pourquoi le Qatar a dépensé plusieurs dizaines de milliards d’euros dans les banlieues parisiennes ? Pour sauver les jeunes beurs de la famine dans une France mondialement enviée pour son système social ? À défaut d’affronter l’Iran, armée contre armée, sa rivale, l’Arabie Saoudite déstabilise le monde en fabriquant des terroristes hors de son territoire.

Les Saoudiens adorent acheter des armes, mais ne savent plus faire la guerre ; les veinards ont des serviteurs tout confort. Et dire que Khomeiny reprochait aux Ibn Saoud d’accaparer les bénéfices du pèlerinage censé profiter à tous les musulmans. S’il avait eu plus d’écoute de la part de ces derniers, la dynastie saoudienne hésiterait aujourd’hui à jouer avec le prix du pétrole qui fait dire à certains spécialistes que même à 10 dollars le baril, elle serait gagnante tellement est inépuisable la baraka de la Kaaba… En s’accoquinant aux wahhabites sunnites, l’Occident a préféré l’ami bête à l’ennemi intelligent. Certes la démocratie athénienne n’a jamais existé ni à Paris ni à Washington, mais il y a le jour de l’élection où le peuple se fait illusion. Exemple les Français étaient contre la suppression de la peine de mort, contre l’avortement, contre l’Europe… ce qui n’a pas empêché leurs élus de signer des lois contraires. Prenons par exemple la peine de mort, elle concerne combien de personnes, une minorité. Les socialistes humanistes ont décidé l’abolition en abolissant la perpétuité en douce. Il est plus rentable d’épargner un bourreau que de se faire du souci pour sa prochaine victime. En Algérie, il vaut mieux être émir repenti que patriote déçu.

En Belgique, un "danger public", fatigué d’être derrière les barreaux, a demandé à être euthanasié. L’Etat refuse et se résigne à lui garantir un traitement dans un centre en Hollande jusqu’à la fin de sa vie : au moins 1000 euros par jour payés par le contribuable. C’est sans doute pour cela que les terroristes en France sont tués systématiquement, ça coûte moins cher et un procès peut s’avérer dangereux. Les Américains aussi ont tué Ben Laden dans son lit. Il a emporté son secret avec lui et l’argent est sommé de consoler si nécessaire les familles qu’il a endeuillées…

Pour ou contre la peine de mort ? Pour ou contre gaz de schiste ? Pour ou contre Charlie ? Pour ou contre Bouteflika ? Pour ou contre le mariage pour tous ? Pour ou contre la parité? Pour ou contre la charia ?... Ces questions n’ont aucun sens. Elles sont dangereuses pour une foule abrutie par la manipulation. Mais du pain béni pour celui qui les pose. D’emblée la discussion est bloquée par un quitte ou double. Pour ou contre est la question vicieuse par excellence. Elle assure à la foule sa division et démocratise sa terreur. Dans le cerveau, seule la couche reptilienne dépourvue du venin défensif subsiste. Ce qui implique la prolifération des cités de zombies un peu partout malgré l’urgence d’un éveil …

LematinDZ






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