Curieuse démarche, que celle des adversaires de l'effectivité des droits politiques par rapport au Maroc, des citoyens marocains à l'étranger. Soulever ces droits, reviendrait pour les tenants de cette approche, à occulter les aspects extra-politiques du dossier de la communauté marocaine à l'étranger. Accepter la prise en charge de la dimension politique, ne pourrait se faire selon eux, que si on exclut la démocratie représentative, basée sur les élections.

Enfin, lorsque des partis politiques prennent leurs responsabilités en déposant des propositions de lois, ces initiatives parlementaires ne sont conçues que comme de la simple surenchère, de pures démarches partisanes destinées à instrumentaliser les Marocains résidant à l'étranger. 

Pourtant, la réunion à la Chambre des Représentants à Rabat de la Commission de l'intérieur du mercredi 15 octobre 2014, est à relever avec satisfaction ce jour-là, furent notamment présentées trois propositions de lois organiques provenant aussi bien de partis de l'opposition que de la majorité, tendant à la représentation parlementaire des citoyens marocains à l'étranger à la Chambre des députés. La première a été déposée par le groupe parlementaire USFP le 4 février 2014. La seconde, due aux députés istiqlaliens, a été inscrite officiellement le 12 mai 2014. Le dépôt de la troisième proposition de loi a été officialisé par le groupe parlementaire PJD à la Chambre des Représentants le 19 septembre 2014. 

Dans une démarche consensuelle et tenant compte de l'unité de la thématique traitée, la commission a décidé de prendre en considération les trois propositions de lois et non pas uniquement celle déposée en premier. 

Par ailleurs, quelque soit la différence du nombre de députés prévus par chacune des propositions de loi au titre des circonscriptions électorales législatives de l'étranger ou de listes nationales, l'essentiel est que les trois partis politiques en question, ont pris leurs responsabilités en décidant d'organiser institutionnellement et concrètement cette représentation des citoyens marocains à l'étranger à la Chambre des Députés, conformément à l'article 17 de la Constitution rénovée de juillet 2011. 

Il s'agit donc d'un bon départ qu'il s'agira de faire aboutir. Tout dépendra de la suite qui sera donnée par le gouvernement et de la bonne volonté qui sera exprimée par les autres groupes parlementaires dans les deux chambres et de l'apport constructif de la société civile aussi bien de la communauté marocaine à l'étranger que de l'intérieur du Maroc. 

Visiblement, compte tenu du fait que la thématique est d'intérêt national et concerne la révision d'une loi organique pour la mettre à niveau de la constitution avancée de juillet 2011, la formule à retenir nécessite à notre sens, un consensus de toutes les parties prenantes. Voilà pourquoi, nous réitérons notre proposition d'organisation par le Parlement avec ses deux chambres et l'implication étroite de la société civile MRE, d'un dialogue national pour la transposition des articles 16,17, 18,30 et 163 de la Constitution.Rappelons qu'en vertu de ce dernier article, trois propositions de lois (PAM,USFP,ISTIQLAL), ont déjà été déposées officiellement concernant le CCME constitutionnalisé et attendent d'être programmées à la Commission des Affaires étrangères relevant de la Chambre des Représentants. 

Rabat,le 16 octobre 2014
Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur spécialisé en migration



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