L’élite tire son efficience technique et sa légitimité morale de la confiscation institutionnelle du savoir, de tous les savoirs.

Les élites, dans tous les domaines, produisent et reproduisent l’ordre établi. Le système éducatif, dans sa totalité, est structuré en sas successifs pour perpétuer cet état des choses. 

Il n’est pas de démocratie réelle sans démocratisation du savoir. La révolution technologique permet, de fait, l’accès de tous au savoir sans offrir pour autant les méthodologies pour le maîtriser. 

Le pouvoir a perdu le contrôle de l’information mais garde jalousement le monopole de la méthode. La politique autrement commence par le partage du savoir. La société civile doit s’enrichir de la recherche universitaire sans médiations. La connaissance doit s’investir dans la vie quotidienne sans autorisations. 

Quand l’élite déploie son étouffoir des libertés, le savoir reste la première et dernière arme de résistance.

Il faut se donner comme ambitions raisonnables de libérer le pouvoir de l’emprise des élites et les élites de leur ghetto de pouvoir, d’ouvrir sur la rue les citadelles du savoir et de féconder le savoir dans l’effervescence créative de la rue, de démonétiser le marché des intelligences et d’instaurer la libre circulation des connaissances. 

Il faut mettre en œuvre, dans la vie quotidienne, l'interaction entre la théorie et la pratique, entre la pensée et l’action, entre la capitalisation de l’expérience sur le terrain et la mise à l’épreuve des faits des propositions doctrinales. 

(c)  Mustapha Saha
Extrait de la "la fraternité du Savoir"








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