Selon l'édition du jeudi 23 octobre 2014 du journal casablancais "Al Massaa",et sous la rubrique "Très confidentiel",le ministère marocain de l'Intérieur serait entrain de préparer l'introduction du vote électronique pour les prochains scrutins électoraux au Maroc.

Selon cette information puisée à une source de première main, cette procédure de vote dématérialisé, permettrait d'abord de diminuer les tentatives de fraudes et de faciliter les comptages. Cette formule permettrait surtout selon la même source, de faciliter le vote des marocains résidant à l'étranger, en leur permettant de voter électroniquement à partir de leur lieu de résidence, sans avoir à se déplacer en personne au Maroc, ou être dans l'obligation de donner des procurations à des représentants légaux pour voter à leurs places au Maroc.

Par conséquent, selon les défenseurs de cette nouvelle formule proposée au Maroc, le procédé permettrait par le biais de l'usage d'une urne électronique ou machine à voter, d'accélérer le processus de traitement des suffrages exprimés, et de voter à distance de n'importe où dans le monde, et ainsi éviter d'avoir à se déplacer vers le pays d'origine..

Présenté ainsi, le procédé serait efficace, "moderniste", "à la page"... et résoudrait de manière pratique et démocratique la question de la participation politique des citoyens marocains à l'étranger par rapport au Maroc et de leur représentation parlementaire à Rabat,question qui est restée en suspens depuis bien des années,en raison principalement de poches de résistance maintes fois évoquées...
L'information donnée par "Al Massaâ" serait-elle un simple ballon d'essai, l'expression d'une détermination gouvernementale réelle, on bien vise-t-elle à brouiller et à parasiter le nécessaire débat qui doit avoir lieu au Parlement à partir des trois propositions de lois ?
Toujours est-il que par rapport aux Marocains résidant à l'étranger, des signes de les exclure à nouveau du champs politique à l'occasion des prochaines élections législatives de 2016, ont déjà été "officieusement" fournis. Ainsi en est-il du Rapport du CNDH présenté le 16 juin 2014 devant les deux chambre réunies du Parlement. La proposition défendue par le président du CNDH (et qui n'est autre que le président du CCME), et réitérée par le même responsable,lors d'une table ronde organisée un mois plus tard à Rabat par un institut américain, consiste à remplacer la procuration non pas par le vote dans les consulats du Maroc à travers le monde, dans le cadre de circonscriptions électorales législatives de l'étranger,mais par le vote électronique ou le vote par correspondance des MRE...

Dans cette logique, les propositions de loi de l'USFP, Istiqlal et PJD, tendant à la députation des MRE et qui ont été présentés dernièrement à la commission parlementaire de l'Intérieur mais qui n'ont pas encore été discutées,tombent à l'eau...

Voilà pourquoi, la vigilance intellectuelle et politique s'impose. Dans cet esprit,nous reproduisons ci-après notre analyse critique en date du 4 juillet 2014 concernant le rapport du CNDH au Parlement, qui n'a pas encore, soit dit en passant,été discuté en plénière. Les remarques et observations que nous avions formulées dans le cadre de notre contribution au débat intitulée "les MRE et leurs droits politiques occultés par le rapport du CNDH au Parlenent", nous paraissent encore valables.

Entre-temps, l’absence de volonté politique des responsables de réaliser l'effectivité des droits politiques des MRE par rapport au Maroc, a été confirmée par la déclaration du chef du gouvernement le 10 août.2014 qui l'a ramenée aux calendes grecques et par l'interview intempestive du numéro 2 du CCME à Akhbar Al Youm en date du 15 août 2014, qui estime que la situation n'est pas mûre pour le faire et que les partis politiques marocains n'ont pas à s'occuper de ce dossier...

Pour actualiser également les données, et à contre-courant de la position du secrétaire général du CCME (position qui est strictement la même chez le président ainsi que chez le numéro 3 de ce Conseil),signalons qu'entre temps,le groupe parlementaire du PJD à la Chambre des députés a finalement déposé officiellement sa proposition de loi le 19 septembre 2014,tendant à la représentation parlementaire des MRE...

Rabat,le vendredi 24 octobre 2014

Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat
Chercheur spécialisé en migration







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