Les guerres ont été menées depuis la nuit des temps s’appuyant sur une multitudes de raisons tout aussi nombreuses et diverses que le nombre de conflits qui ont façonnés le monde jusqu’à aujourd’hui. 

Que ce soit pour des raisons religieuses, idéologiques ou tout simplement le contrôle des ressources, la guerre fait intrinsèquement partie de l’histoire de l’humanité et sert avant tout les intérêts d’une nation, d’un état, d’un groupe etc…. Comme l’a dit Carl Von Clausewitz, « la guerre est une continuation de la politique par d’autres moyens ».


A l’ère de la communication et des nouvelles technologies qui permettent à l’information de circuler à une vitesse sans précédents, les raisons qui permettent de justifier une guerre ont-elles aussi évolué avec le temps. En effet, il fallait bien trouver aux démocraties libérales, qui ne cessent de clamer leur amour pour les valeurs démocratiques et humanitaires, un ou des prétextes glorieux qui justifieraient aux yeux de leurs opinion publique leurs interventions militaires à des milliers de kilomètres de leurs frontières, masquant par la même occasion leurs réels motifs. Ainsi les dernières guerres menées par l’occident, que ce soit par les Etats-Unis ou sous l’égide de l’OTAN en Yougoslavie, en Irak, en Libye, en Afghanistan ou encore au Mali, ont toutes été justifiées par une rhétorique bien précise.

C’est la raison pour laquelle nous entendons parler aujourd’hui de guerre contre le terrorisme, d’interventions humanitaire ou encore de responsabilité de protéger. Toutes ces guerres menées le plus souvent par des puissances occidentales sous les bannières mentionnées ci-dessus cachent en réalité un agenda bien précis occulté par ces illustres justificatifs répétés inlassablement par des médias aux ordres. Bien entendu il ne suffit pas de déclarer que l’on se bat pour de nobles causes, encore faut t’il pouvoir le prouver. De quelle manière ? Quelles sont donc ces méthodes qui permettent aux puissances occidentales de justifier leurs croisades et leur agression envers des pays souverains et le plus souvent très lointain ?

Le journaliste Michel Collon a déterminé les principes suivants, utilisés pour s’assurer la bénédiction des opinions publiques lors des nombreuses interventions occidentales de la fin du 20ème et début du 21èmesiècle, que les médias devenus de véritables organes de propagande se doivent d’appliquer :

Masquer les intérêts: clamer haut et fort que l’on va mener une guerre pour défendre les droits de l’homme, restaurer la démocratie ou protéger une population opprimée tout en omettant de préciser les réels enjeux de l’intervention. Le parallèle peut être fait avec la guerre d’Irak de 2003. Pendant les semaines qui précédaient le début de l’intervention américaine, le gouvernement US relayé par les médias ont inlassablement répétées qu’il s’agissait de protéger la population Irakienne et lui apporté la démocratie. En aucun cas il ne faut mentionner le fait que les Etats Unis souhaitent établir une présence militaire dans une région cruciale en ressources énergétiques.

Diaboliser l’adversaire : principe essentiel pour s’assurer le soutien de l’opinion publique ainsi que son empathie pour les populations que l’on prétend vouloir défendre. Il suffit de décrire l’ennemi que l’on va combattre comme un monstre sanguinaire en ressassant des images d’atrocités ou tout simplement répéter des médias mensonges qui feront passer les chefs que l’on cherche à abattre pour de véritables diables. Les vidéos de décapitations de l’Etat islamique, la blague des armes de destruction massive de Saddam ou encore le simple fait d’affirmer que Bachar Alassad utilise des armes chimiques contre sa population sont un bon exemple et visent à déclencher chez le citoyen lambda un sentiment d’horreur et de terreur. En bref l’ennemi commet des atrocités et ne mérite pas de vivre.

Occulter l’histoire : Principe simple qui permet d’oublier l’histoire et les enjeux géostratégique d’une région essentiels à la compréhension de la situation. Ne pas mentionner par exemple les liens qu’avaient les puissances occidentales avec tel ou tel dictateurs, que ces mêmes puissances ont le plus souvent soutenu pendant de longues années avant que leurs utilités n’arrivent à terme. Saddam Hussein, Mouammar Khaddafi ou encore Oussama Ben Laden sont de parfaits exemples d’alliés d’hier devenu ennemis publics numéro un.

Interdire le débat : C’est la règle la plus importante qui permet aux puissances occidentales de monopoliser la parole et d’empêcher tout débat. Toute personne qui contesterait les versions officielles est tout de suite taxée de traitre, de conspirationiste ou encore de défenseur de la barbarie. Etre contre la guerre en Irak fait de vous un antidémocrate ou un antiaméricain, être opposé aux bombardements contre l’Etat islamique fait de vous un islamiste extrémiste, dénoncer les crimes d’Israël envers les palestiniens fait de vous un antisémite.


Ces principes éculés et utilisés depuis un bon moment sont pourtant toujours d’actualité. Vladimir Poutine est décrit comme un nostalgique de l’URSS qui cherche à rétablir par tous les moyens la gloire et la puissance soviétique en annexant les territoires de pays souverains. Bachar Alassad est un boucher responsable du massacre de sa population et Mouammar Khaddafi est un vil dictateur qui promet du viagra à ses troupes afin qu’ils violent les femmes! Après avoir détruit l’Irak l’Afghanistan la Libye, voila que les Etats-Unis appuyés par la « communauté internationale » toujours sous couvert de la lutte contre le terrorisme tente de nous faire avaler leurs salades une fois de plus avec la menace globale que représenterait l’Etat Islamique.

Abdelaziz Alaoui
Sur Quid.ma


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