Entretien avec Mustapha Saha, sociologue-conseiller, qui joue un rôle premier dans l'élaboration d'une nouvelle philosophie politique en prise directe avec les transformations sociales induites par la Révolution numérique, libératrice de l'information, et l'émergence du droit à la citoyenneté agissante dans les affaires publiques.

 Mustapha Saha dessine des axes universels d'action concrète pour mettre la décision politique en phase avec les défis des temps présents :

1 - "Il faut appliquer le droit commun à tous les citoyens sans distinction et à toutes les situations économiques, sociales, culturelles, sans exception."

2 - "Il faut finir avec les réglementations particulières et les statuts spéciaux, qui sous-tendent un délit d'appartenance ethnique ou culturel, propre aux systèmes totalitaires, qui banalisent les discriminations quotidiennes, marginalisent, ghettoïsent et stigmatisent, dans la durée, des groupes de citoyens en raison de leur origine."

3 - "Il faut en finir avec les zonages, les ciblages, les siglages, qui ne déclinent que des schémas abstraits imposés par une technocratie en déconnexion totale avec la réalité sociale. Le siglage et l’immatriculisation systématique déshumanisent la personne humaine, la réduisent à une unité comptable, atomisent sa personnalité sociale et nient sa singularité vivante. La technocratisation généralisée de la sphère publique vide la société de son âme. D’où la perte de sens qui marque du sceau de l'action individuelle et collective dans le monde actuel."

4 - "Il faut passer du droit formel aux droits réels, inscrire les principes runiversels dans les réalités quotidiennes. L’action publique doit revenir sur le terrain, non point de manière régalienne, bureaucratique, et dirigiste, mais en interaction permanente avec les citoyens. Elle doit interagir avec les citoyens."

5 - "Il faut ouvrir de nouveau, après la glaciation culturelle, les fabriques de concepts. La société actuelle a perdu son sens parce qu’elle est en panne de pensée. La nécessité d'une théorisation en prise directe avec les réalités présentes est plus que jamais urgente, vitale, salutaire. Les concepts ne sont pas des entités abstraites. Les concepts sont des actes transformateurs de la société dès lors qu’ils sont mis en œuvre par une véritable volonté politique."
Il est, par conséquent, impératif que la nature même du pouvoir, imperturbablement dominé par les élites, soit remise en cause, que le savoir, la connaissance, la culture se démocratisent au même titre que l'information et la communication publique.
Arlette Colin
Média ZYR /WakeUpInfo

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