Depuis déjà des décennies qu’il est devenu de plus en plus difficile de donner un chiffre exact du nombre de citoyens d’origine marocaine à l'étranger.

Les autorités marocaines se basent sur le registre des consulats marocains. Ces registres ne couvrent qu'une partie de la diaspora. En tout cas, quel que soit l’origine des statistiques, ils sont déformés et faussés à cause de l’évolution dans les pays d'accueil. Dans les années 70, on pouvait plus ou moins exactement chiffrer quantitativement la communauté marocaine. 

Depuis lors, les naturalisations massives, les mariages mixtes, les clandestins et ceux qui ne veulent pas s’inscrire dans les registres des consulats faussent et altèrent les statistiques d’une partie importante de cette population. Néanmoins, d’après plusieurs sources tout en tenant compte d’une grande marge d’erreur, on estime le nombre total de marocains à l'étranger à près de 4.150.000 soit 13% de la population totale du Maroc.

L’Europe, pendant les « Golden Sixties », avait un énorme besoin de main d’œuvre pour les mines de charbon et puis pour ses usines. Le Maroc qui regorgeait de main d’œuvre sans emploi a répondu présent à l’appel pressant de plusieurs pays européens. Des conditions plus que favorables poussaient les Marocains à s’exiler. La misère des agriculteurs victimes de la sécheresse, l'exode rural vers les villes, le chômage des jeunes sans espoirs de travailler un jour, la répression, l’Etat policier, le sous-développement structurel, a poussé une grande partie à traverser le Détroit pour une meilleure vie.

La propension d’émigrer va proportionnellement augmenter pratiquement chez toutes les catégories de la population lassée d’attendre des jours meilleurs. Pendant des décennies la pression migratoire va accroitre et s’accentuer via le regroupement familial.

Cinquante ans après la signature de l’accord bilatéral Belgo-marocain, l'obsession de l'immigration marocaine ne s’est pas encore estompé. Principalement à cause de la proximité du Maroc avec l’Eldorado. Aujourd’hui, après cinquante années déjà, n’a pas freiné cette frénésie, le nombre de candidats à l’immigration ne diminue pas malgré la crise économique et monétaire en Europe avec un nombre de chômeurs en constante augmentation.

Cette fuite de biceps naguère et de cerveaux actuellement n’est pas un phénomène purement marocain. C’est une manifestation universelle qui touche tous les pays émergents et l’Afrique subsaharienne.

Récemment, les puissances économiques et commerciales européennes, sans scrupules, font encore appel aux hauts cadres étrangers et aux travailleurs hautement qualifiés pour combler les carences de leur marché de travail. Le Maroc actuel est bien placé pour répondre positivement à cet appel compte tenu du nombre croissant des diplômés chômeurs.

Tant pis pour la Maroc si les cadres marocains sont appréciés dans plusieurs pays tels le Canada et les USA et qui risquent d’hypothéquer l’avenir d’un pays émergent en voie de développement qui se voit vider de ses jeunes talents dynamiques, chercheurs, ingénieurs, informaticiens et médecins.
A titre d’exemple je cite le Journal Libération du dimanche 20 avril 2014 l’article suivant : Marocains hautement qualifiés, vous êtes concernés !
La loi du 16 juin 2011 relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité a mis en place un nouveau titre de séjour destiné aux ressortissants de pays tiers hautement qualifiés. A travers ce texte législatif, la France était le premier Etat membre de l’Union européenne à transposer la directive européenne du 25 mai 2009 2009/50/CE portant création de la « carte bleue européenne ».
Les conditions d’attribution de cette carte bleu européenne ont été fixées par le décret du 6 septembre 2011 et la condition de rémunération par l’arrêté du 9 novembre 2011. La circulaire du 21 novembre 2011, NOR : IOCL 1130031 C présente les modalités de délivrance de la carte aux étrangers « hautement qualifiés » et aux membres de leur famille.
Le demandeur de la carte bleu européenne doit justifier d’« un diplôme de l’enseignement supérieur de trois années d’études universitaire ou d’une expérience professionnelle d’une durée minimale de cinq années permettant d’occuper des emplois ouverts aux diplômés de l’enseignement supérieur. »
Lire la suite de l’article : http://www.libe.ma/Marocains-hautement-qualifies-vous-etes-concernes-_a47610.html
Enfin, je vous laisse seuls juges de ce phénomène d’hémorragie chroniquement perpétuel qui risque de perdurer malheureusement encore très longtemps pour vider notre pays de son hydrocarbure humain tellement convoité par les chasseurs et les rapaces des puissances étrangères, négligé et dédaigné par nos crédules gouvernants.

Par Sarie Abdeslam


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