A chaque crise, son lot de discours et d’actes racistes, xénophobes, antisémites ou encore islamophobes ? On serait tenté de répondre par l’affirmative sauf que le mal, les maux (MAUX) semblent aussi profonds que les mots (MOTS) employés ici et là, mots qui traduisent un discours nauséabond qui n’a cesse de gagner du terrain en Europe et ailleurs dans le monde.

Du coup, intéressons-nous aujourd’hui à l’origine du racisme en Europe, son éventuelle montée en charge tout en portant un regard insistant et analytique sur son évolution, sa transformation et son mode d’expression. En effets, toutes les études, sondages, pilotés ces dernières années mettent en relief une réalité, celle du durcissement des sociétés européennes qui, je cite, «considèrent être gêné dans leur mode de vie».

En clair, que des cultures perturbent leur quotidien. Et dans «culture», il faut y voir une religion, l’Islam, et une population, les musulmans, tout en sachant que la gêne exprimée n’est pas une attaque envers l’Islam mais à l’égard du comportement, non pas des musulmans mais d’une catégorie de personnes de confession musulmane. Ainsi, alors que l’Europe à l’instar d’autres continents, s’est construite grâce aux vagues incessantes de migrants, a été libérée et a retrouvée le chemin de la paix grâce à l’engagement de goumiers marocains ou algériens, de tirailleurs sénégalais, morts au combat, voilà qu’aujourd’hui ce continent considère ne plus être en capacité de composer avec les nouveau entrants sans pour autant avoir favorisée l’intégration des «anciens», devenus depuis au fil du temps et des générations, des citoyens européens à part entière et non à part.

Mais voilà, quand on se penche du près sur l’état du racisme en Europe, en France, en Italie, en Grèce ou encore aux Pays Bas, on s’aperçoit que sa montée en puissance ne traduit pas forcément le fait que ces pays soient racistes mais que les actes et les propos, eux, sont plus nombreux car plus audibles. En clair, nous sommes face à un phénomène, celui de la parole libérée. Et que du coup, taxer de «guenon » la garde des Sceaux française, Christiane Taubira, c’est presque «normalisé» pour des personnes, comme du reste faire le cri du singe dans des stades de football à Rome ou plus récemment à Moscou. 

De là à dire que le racisme augmente, pas si sûr ? De là à considérer que les sociétés du nord de l’Europe sont racistes, c’est loin d’être vrai ? De là à dire que les minorités visées soient exemplaires en matière de vivre ensemble, ce serait insulter les individus issus de cette communauté qui revendiquent le droit à l’indifférence ? De là à considérer que le racisme est une réalité sociale exclusive dans les pays du nord et non dans les sociétés du sud de la méditerranée, cela serait mentir et se mentir.

Force est de constater que des bornes morales ont volé en éclat et que la crise socio économique a donné plus d’amplitude et surtout d’écho aux discours racistes, discours qui ne sont que la traduction de la pensée de femmes et d’hommes, plus ou moins vulnérables et plus ou moins fragiles, fragiles d’un point identitaire mais également socialement parlant. Sauf que la crise peut avoir bon dos et être prétexte à défendre l’indéfendable comme celui de voir des formations politiques flirts avec des thèses d’extrême droite le temps d’un flirt, ou le temps de trouver un nouveau souffre douleur. 



 
Top